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L'UA réclame "la dissolution effective" de l'ex-junte au Mali

14/07/2012 03:19 EDT | Actualisé 13/09/2012 05:12 EDT

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'Union africaine (UA) a réclamé samedi à Addis Abeba "la dissolution effective" de l'ex-junte au Mali, en dénonçant ses "interférences inacceptables" dans le processus de transition en cours.

Le CPS "demande la fin des interférences inacceptables de la junte militaire et de ses soutiens civils dans la gestion de la transition et la dissolution effective du CNRDRE (Comité National pour le Redressement de la Démocratie et la Restauration de l'Etat )" qui avait pris le pouvoir le 22 mars à Bamako, selon les conclusions de la réunion, lues par le commissaire de l'UA à la paix et à la sécurité, Ramtane Lamamra devant la presse.

Le Conseil de paix et de sécurité de l'UA appelle également "à la finalisation rapide de la liste des individus dont l'action entrave la transition afin de permettre l'imposition immédiate de sanctions par l'UA et la Cédéao (Communauté économique des Etats d'Afrique de l'Ouest) contre ces individus", poursuit le texte.

Le CPS a également demandé au président malien de transition Diancouta Traoré et au Premier ministre Cheick Modibo Diarra "d'entamer les consultations nécessaires avec les partis politiques maliens et la société civile afin de former un gouvernement élargi d'unité nationale demandé par l'UA, la Cédéao et les Nations unies".

La formation de ce gouvernement "marquera l'achèvement de la normalisation institutionnelle et ouvrira la voie à la levée des mesures de suspension prises par l'UA contre le Mali".

Les chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest avaient déjà exigé samedi dernier un "gouvernement d'union nationale" au Mali d'ici au 31 juillet, sous peine de sanctions.

Ce durcissement de ton illustrait l'impatience des capitales d'Afrique de l'Ouest face au statu-quo à Bamako malgré une multitude de sommets et de concertations, et la lenteur à faire avancer une transition permettant de tourner définitivement la page du coup d'Etat du 22 mars.

Réuni à la veille du 19e sommet de l'UA, le CPS -- organe de l'UA compétent dans la réponse aux crises et conflits sur le continent -- réclame également la mise en place d'une commission d'enquête sur l'agression au cours de laquelle Diancouta Traoré a été blessé le 21 mai par des manifestants hostiles à son maintien comme chef de la transition.

Le président Traoré se trouve depuis le 23 mai à Paris pour des soins.

L'UA a par ailleurs fait part de son "inquiétude sur la gravité de la situation dans le nord du Mali, marquée par le renforcement de l'emprise des groupes armés dans la zone" et sur "la présence de plusieurs groupes armés non-Maliens, de groupes terroristes, dans le nord du Mali, particulièrement AQMI, Mujao et Boko Haram".

"L'unité nationale et l'intégrité territoriale du Mali ne peuvent faire l'objet d'aucune discussion ou négociation", rappelle le CPS dans ce texte, soulignant la "détermination de l'Afrique de n'épargner aucun effort pour leur préservation".

Le CPS indique également condamner "fermement les violations des droits de l'Homme perpétrée par les divers groupes criminels et la destruction insensée et inacceptable de l'héritage culturel spirituel et historique de la région".

Les islamistes qui occupent Tombouctou, dans le nord-ouest du Mali, y ont poursuivi cette semaine la destruction de mausolées de saints musulmans situés dans l'enceinte de la plus grande mosquée de la ville classée patrimoine mondial en péril, promettant de détruire tous ceux de la région.

ayv-bb/sba

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