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L'UA durcit le ton sur le Mali, sommet extraordinaire dimanche sur la RDC

14/07/2012 04:42 EDT | Actualisé 13/09/2012 05:12 EDT

L'Union africaine (UA) a exigé samedi une accélération de la transition politique au Mali, où les insurgés islamistes menacent l'intégrité du pays, tandis qu'une autre crise, dans l'est de la République démocratique du Congo, devait faire l'objet d'une réunion extraordinaire dimanche.

Le Conseil de paix et de sécurité (CPS) de l'UA réuni à Addis Abeba a "demandé la fin des interférences inacceptables de la junte militaire (au Mali) et de ses soutiens civils dans la gestion de la transition, et la dissolution effective" de la dite junte, qui avait pris le pouvoir le 22 mars à Bamako.

Le CPS a également demandé au président malien de transition Diancouta Traoré et au Premier ministre Cheick Modibo Diarra "d'entamer les consultations nécessaires avec les partis politiques maliens et la société civile afin de former un gouvernement élargi d'unité nationale demandé par l'UA, la Cédéao et les Nations unies", selon les conclusions de la réunion, lues par le commissaire de l'UA à la paix et à la sécurité, Ramtane Lamamra.

Les chefs d'Etat d'Afrique de l'Ouest avaient déjà exigé samedi dernier un "gouvernement d'union nationale" au Mali d'ici au 31 juillet, sous peine de sanctions.

Ce durcissement de ton illustre l'impatience des capitales africaines face au statu quo à Bamako malgré une multitude de sommets et de concertations, et la lenteur à faire avancer une transition permettant de tourner définitivement la page du coup d'Etat du 22 mars.

Cette transition piétine alors même que plusieurs mouvements insurgés islamistes, mettant à profit cette désorganisation, ont désormais pris le contrôle des principales villes et régions du nord du pays.

"L'unité nationale et l'intégrité territoriale du Mali ne peuvent faire l'objet d'aucune discussion ou négociation", rappelle le CPS dans ce texte, soulignant la "détermination de l'Afrique de n'épargner aucun effort pour leur préservation".

Une autre crise sur le continent, la mutinerie menée ces derniers mois par le mouvement rebelle dit "Mouvement du 23 mars" (M23) contre les forces armées congolaises dans l'est de la RDCongo, va pour sa part être examinée dimanche, en marge du premier jour du sommet semestriel de l'UA, par les chefs d'Etat des pays de la région des Grands Lacs, a indiqué M. Lamamra.

Kinshasa, s'appuyant sur un rapport de l'ONU en ce sens, accuse Kigali de soutenir ces mutins, ce que le gouvernement rwandais dément.

Le président congolais Joseph Kabila est en route pour Addis Abeba, et des sources à Kigali ont fait savoir que son homologue rwandais Paul Kagame devrait également être présent dans la capitale éthiopienne.

Vendredi, une source à la présidence congolaise avait indiqué qu'une rencontre entre les deux chefs d'Etat dans la capitale éthiopienne "n'était ni prévue, ni exclue".

Le sommet extraordinaire de la Conférence internationale sur la région des Grands lacs (CIRGL) convoqué dimanche a été précédé mercredi par une réunion des ministres des Affaires étrangères de cette organisation.

Les ministres avaient alors appelé tous les groupes armés de l'est de la RDC, y compris le M23 à cesser leurs activités et demandé aux Etats-membres de ne leur apporter aucun soutien.

Le 19e sommet de l'UA, prévu dimanche et lundi, va également s'efforcer d'apaiser les relations entre le Soudan et le Soudan du Sud, que de violents combats frontaliers ont opposé de mars à mai dernier.

Le Conseil de paix et de sécurité de l'UA a samedi exhorté Khartoum et Juba à résoudre leurs différends d'ici le 2 août, date-butoir fixée par la communauté internationale.

Les négociations entre les deux Soudans sur les sujets de tension non réglés par leur accord de paix de 2005 ont repris jeudi 12 juillet à Bahar Dar, dans le nord-ouest de l'Ethiopie, s'est félicité samedi le Conseil de paix et de sécurité de l'UA.

Le CPS "exhorte les parties à profiter de cette opportunité pour conclure des accords sur toutes les questions en suspens notamment la sécurité, le pétrole (...), les frontières, le statut de (leurs) ressortissants et le statut final de (la zone contestée de) Abyei".

Les présidents soudanais Omar el-Béchir et sud-soudanais Salva Kiir ont participé tous deux à la réunion, réunis dans la même pièce pour la première fois depuis les combats frontaliers des derniers mois.

Le sommet de l'UA va enfin consacrer dimanche sa première journée à tenter de trancher un différend vieux de six mois sur le choix d'un président pour l'organe clé de l'institution continentale, la Commission.

Les relations se sont détériorées au sein de l'UA depuis l'échec d'un précédent sommet, en janvier à Addis Abeba, à départager le président sortant de la Commission, le Gabonais Jean Ping, et la ministre sud-africaine de l'Intérieur, Nkosazana Dlamini-Zuma.

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