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JO: La première pongiste Iranienne aux Jeux veut faire honneur à son pays

14/07/2012 07:13 EDT | Actualisé 13/09/2012 05:12 EDT

Neda Shahsavari, qui a découvert le tennis de table dans les parcs et jardins publics, est la première pongiste d'Iran à s'être qualifiée pour des jeux Olympiques, et espère à Londres faire bonne figure et honneur à son pays, sans rêver à une médaille inaccessible.

Cette petite et agile étudiante en éducation physique de 25 ans, originaire de Kermanshah dans l'ouest de l'Iran, s'est qualifiée en battant la Kazakhe Yelena Shagarova lors des éliminatoires asiatiques en janvier à Téhéran.

"J'étais très excitée d'avoir battu Shagarova, car elle avait eu le dessus deux mois auparavant, c'était un sentiment incroyable", raconte-t-elle à l'AFP entre deux séances d'entraînement.

"Je suis la première femme iranienne, et pas la dernière j'espère, à aller aux JO en tennis de table", poursuit fièrement la jeune femme.

Seulement 490e mondiale, elle sait que ses chances sont infimes face notamment aux championnes chinoises, qu'elle espère affronter le plus tard possible afin d'aller le plus loin dans la compétition.

"Les attentes qui pèsent sur moi sont très fortes, ce sera très difficile mais j'essaierai de faire de mon mieux", dit-elle, lucide.

Le tennis de table est populaire en Iran, où des tables sont installées dans de nombreux parcs et jardins publics, et Neda Shahsavari raconte comment elle fut attirée, quand elle avait onze ans, par le son des balles et des raquettes.

"J'aimais ce son, et j'ai commencé à lancer une balle contre les murs ou le sol, jusqu'à ce que mes parents m'achètent une table de ping pong", se souvient-elle.

Comme toutes les athlètes femmes iraniennes, elle doit respecter le code vestimentaire islamique qui lui impose de se couvrir entièrement de la tête aux pieds.

Mais la jeune sportive, qui porte à l'entraînement foulard, ample maillot à manches longues et pantalon, affirme être à l'aise. "Cela fait dix ans que je participe à des compétitions nationales et internationales dans cette tenue, et j'y suis habituée", explique-t-elle.

Même si la télévision, très conservatrice, ne retransmet que rarement des compétitions féminines, nombreuses sont les Iraniennes qui pratiquent des activités sportives avec enthousiasme.

Outre Neda Shahsavari, sept autres femmes figurent parmi les 54 athlètes iraniens sélectionnés pour les Jeux de Londres, dans six disciplines en plus du tennis de table: aviron, kayak, tir à l'arc, taekwondo, tir (10 m), athlétisme (marteau).

Mais si elles commencent à pointer le bout de leur nez dans les tournois internationaux, ces sportives iraniennes n'étant autorisées à pratiquer que certaines disciplines en raison des restrictions imposées par le régime islamique, n'ont cependant encore jamais obtenu de médaille aux JO.

fpn/lma/chc

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