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Afghanistan: au moins 23 morts dans un attentat-suicide dans le nord

14/07/2012 05:46 EDT | Actualisé 13/09/2012 05:12 EDT

KABUL - Un attentat-suicide commis samedi lors d'une fête de mariage dans le nord de l'Afghanistan a fait au moins 23 morts, dont des dignitaires de l'armée et de la police, ainsi qu'une soixantaine de blessés, selon des responsables locaux. Le président Hamid Karzaï, qui a condamné un acte "perpétré par les ennemis de l'Afghanistan", a dépêché sur place une équipe d'enquête.

L'attentat survenu à Aybak, capitale de la province de Samangan, a notamment provoqué la mort d'Ahmad Khan Samangani, un député d'origine ouzbèke et ancien héraut de la lutte contre les forces soviétiques dans les années 80, à l'occasion du mariage de sa fille.

Mohammad Nawab Sherzaï, directeur des enquêtes criminelles d'Aybak et qui participait au service d'ordre de la fête, a précisé qu'un homme faisant partie d'une délégation de dignitaires venus de Mazar-e-Sharif, dans la province voisine de Balkh, a activé au milieu des convives la veste remplie d'explosifs qu'il portait.

Selon le supérieur régional de M. Sherzaï, Ghulam Mohammad Khan, l'explosion a également tué le général Mohammad Khan, directeur provincial des services de renseignements, le général Mohammadullah, commandant d'une division de l'armée nationale, et le général Sayed Ahmad Sameh, chef de la police dans l'ouest du pays et parent de Samangani. Parmi les blessés on compte aussi un député de la province de Balkh et un ancien gouverneur de la province de Sar-e-Pul.

Si l'attentat n'a pas été revendiqué dans l'immédiat, il semble porter la marque des talibans. Ces derniers ont assassiné ces derniers mois un certain nombre de dirigeants de l'Alliance du Nord et des régions du nord du pays n'appartenant pas à l'ethnie pachtoune.

Ainsi, le général Daoud Daoud, un Tadjik qui supervisait la police dans neuf provinces septentrionales, a été tué en mai 2011 dans un attentat-suicide. Il avait également été gouverneur de la province de Takhar, ministre délégué à la lutte contre le trafic de drogue et ancien garde du corps d'Ahmed Shah Massoud, le charismatique chef de l'Alliance du Nord, lui-même tué dans un attentat-suicide deux jours avant le 11-Septembre.

L'attentat ayant tué Daoud avait également coûté la vie au chef de la police de la province de Takhar, le général Shah Jahan Noori. On recense aussi Mohammad Omar, gouverneur de la province de Kunduz (octobre 2010), le général Abdul Rahman Sayedkhili, chef de la police de Kunduz province (mars 2011), et le général Khan Mohammad Mujahid, chef de la police dans la province de Kandahar (sud), proche de l'Alliance (avril 2011). AP

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