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Un blogueur éthiopien bien connu condamné à 18 ans de prison

13/07/2012 06:45 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

ADDIS ABEBA, Éthiopie - Un tribunal fédéral éthiopien a condamné vendredi un blogueur bien connu et 23 autres militants de l'opposition à de longues peines de prison, après les avoir reconnus coupables en vertu des lois antiterroristes.

Le journaliste et blogueur Eskinder Nega, qui a reçu un prestigieux prix de la liberté de presse de l'organisation PEN America en mai, a été condamné à 18 ans de prison.

Le président de PEN America, Peter Godwin, a réclamé la libération immédiate et sans conditions du blogueur.

«Le gouvernement éthiopien veut clairement envoyer un message à son peuple: si vous parlez contre nous, vous risquez d'être emprisonnés en tant que terroristes», a dénoncé M. Godwin. Il a demandé aux États-Unis et aux autres pays de réévaluer leur coopération avec le gouvernement éthiopien à la lumière de ce jugement.

Parmi les autres personnes condamnées figure le vice-président du parti d'opposition Unité pour la démocratie et la justice, Andualem Arage, qui a été condamné à la prison à vie. Son collègue Natnael Mekonnen, du même parti, a été condamné à 18 ans de prison.

Ils font partie des 24 personnes reconnues coupables de terrorisme le mois dernier, mais les opposants estiment que le gouvernement s'est servi des lois antiterroristes pour faire taire la dissidence politique légitime. La plupart des personnes condamnés sont en exil, mais Eskinder Nega, Andualem Arage et Natnael Mekonnen sont détenus par les autorités éthiopiennes.

Certaines des personnes condamnées sont les leaders du mouvement d'opposition «Ginbot 7», établi aux États-Unis. Le groupe, qui entend utiliser «tous les moyens possibles» pour renverser le parti au pouvoir en Éthiopie, est considéré comme un mouvement terroriste par les autorités éthiopiennes, mais pas par le gouvernement américain.

Selon Amnistie internationale, le procès intenté contre les 24 militants de l'opposition ne respectait pas les normes internationales de justice. L'organisation a appelé le gouvernement à libérer les militants ou à leur accorder un nouveau procès.

Depuis 2011, le gouvernement éthiopien a condamné 11 journalistes indépendants et blogueurs en vertu des lois antiterroristes, selon le Comité pour la protection des journalistes, une organisation américaine.

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