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Tunisie: la mère de Bouazizi interpellée dans un tribunal à Sidi Bouzid

13/07/2012 10:57 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

La mère de Mohamed Bouazizi, le vendeur ambulant tunisien dont le suicide a déclenché le soulèvement populaire ayant abouti à la chute de Ben Ali en 2011, a été interpellée vendredi dans un tribunal de Sidi Bouzid (centre-ouest), a constaté un correspondant de l'AFP.

Manoubia Bouazizi, 60 ans, a été arrêtée après une altercation avec un juge dans le hall du tribunal, a indiqué le procureur qui a fait procéder à son arrestation.

Selon son fils Salem, Mme Bouazizi s'est disputée avec un greffier et non pas un juge qui l'avait humiliée et poussée vers la sortie, un échange d'invectives entre les deux parties s'en étant suivi.

"Ma mère a été humiliée, l'administration doit apprendre à respecter les gens, nous ne nous laisserons pas faire", a dit à l'AFP Salem, joint par téléphone à Sidi Bouzid.

Selon lui, Mme Bouazizi se trouvait au tribunal pour faire signer des papiers lui permettant d'obtenir les dédommagements accordés par le gouvernement aux parents de Martyrs de la révolution.

"Ils l'ont fait venir trois jours durant sans résultat", selon son fils.

Le procureur a ouvert une enquête et auditionnait encore des témoins de la scène, six heures après l'arrestation de Mme Bouazizi en début de matinée.

La femme aurait "menacé de mettre le feu au tribunal", selon un témoignage recueilli par un correspondant de l'AFP.

Mme Bouazizi pourrait être inculpée pour insulte envers un fonctionnaire dans l'exercice de ses fonctions, selon un avocat, mais le parquet n'a pu être joint pour confirmer.

La famille Bouazizi partage sa vie entre la Marsa (banlieue de Tunis) et Sidi Bouzid, point de départ des émeutes qui ont conduit à un soulèvement général jusqu'à la chute du président Zine El Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011.

Six mois après la mort de Mohamed Bouazizi le 4 janvier, sa famille a dû quitter Sidi Bouzid, où elle a fait l'objet de rumeurs pour enrichissement indu.

Le portrait de Mohamed Bouazizi avait été décroché un temps à Sidi Bouzid avant d'être remis, à l'occasion d'une visite du président Moncef Marzouki en décembre 2011, au fronton du Gouvernorat (préfecture) devant lequel il s'est immolé.

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