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Tour de France - David Millar ou la quête de la rédemption

13/07/2012 02:59 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

L'Ecossais David Millar a fait de sa victoire dans la 12e étape du Tour de France l'emblème de sa nouvelle vie de coureur propre et réfléchi, qu'il ne cesse de revendiquer depuis son retour en 2006 après deux ans de suspension pour dopage.

La vie de David Millar a basculé le 23 juin 2004 quand la brigade des stupéfiants vient l'interpeller dans un hôtel de Biarritz dans le cadre d'une enquête sur l'équipe Cofidis.

Placé en garde à vue, il reconnaît alors avoir pris de l'EPO à partir d'août 2001, pour certaines courses seulement précise-t-il. On retrouve chez lui des ampoules du produit incriminé.

Le dandy-globe-trotter, né à Malte qui a grandi à Hong Kong avant de débarquer en France, habitué des soirées arrosées, se retrouve seul. Il est licencié par son équipe, suspendu deux ans par l'Union cycliste internationale (UCI) et est déchu de son titre de champion du monde du contre-la-montre 2003 et de deux étapes du Tour d'Espagne 2003.

Il conserve toutefois le bénéfice de ses trois victoires d'étapes sur le Tour, dont celle dans le contre-la-montre inaugural du Tour 2000 au Futuroscope devant Lance Armstrong.

Durant ses deux ans de suspension, l'Ecossais affirme avoir énormément appris. "C'est un mélange... Une punition, une chance et une opportunité de trouver qui je suis vraiment. Grâce à ça, j'ai trouvé une sérénité", confiait-il en 2008.

"J'ai compris la chance que j'avais d'avoir des capacités physiques mais aussi que sans travailler, cela ne sert pas à grand-chose", ajoutait-il.

Il fait son retour en 2006 dans l'équipe Saunier-Duval, comme un purgatoire ponctué en novembre 2006 par le procès Cofidis, "un moment très dur, mais très riche", dont il sortira relaxé.

Il partira en croisade, témoignant à qui veut l'entendre de son histoire "très représentative" de son époque. Il clamera haut et fort le bonheur de sa nouvelle vie de coureur. Au point de parfois exaspérer.

En 2008, il s'engage dans l'équipe Slipstream (future Garmin) créée trois ans plus tôt par Jonathan Vaughters sur un discours éthique fort. "J'ai trouvé la stabilité. Il faut que je montre que je suis un grand coureur", déclarait-il à l'époque.

A force de travail, il glane quelques succès: deux victoires d'étapes sur la Vuelta (2006, 2009), une sur le Giro (2011), une médaille d'argent mondiale en contre-la-montre (2010)...

"Quand je suis arrivé, il avait une réputation de +bad boy+, qui aime la bière, qui aime sortir, raconte Allan Peiper, qui a intégré l'encadrement de Garmin à l'intersaison. Mais c'est quelqu'un qui fait le boulot, qui se bat. Il s'entraîne dur, il vit comme un professionnel, pas toujours avec beaucoup de retours. Il a enfin la victoire qu'il mérite".

A 35 ans, il a enfin réussi dans sa quête: prouver son rachat sur le vélo. Lui reste à réaliser son dernier grand rêve, arraché en mai dernier grâce au Tribunal arbitral du sport (TAS) qui a décidé que les anciens sanctionnés pour dopage pouvaient être sélectionnés pour les jeux Olympiques. Il portera les couleurs de son pays aux JO de Londres.

sva/jm/bvo

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