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Syrie: les violences les plus meurtrières depuis le début de la révolte

13/07/2012 08:55 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

Rappel des violences les plus meurtrières depuis le début de la révolte en Syrie, où au moins 150 personnes ont trouvé la mort jeudi dans une nouvelle tuerie imputée au régime par l'opposition.

La Syrie est en proie depuis le 15 mars 2011 à une révolte populaire contre le régime de Bachar al-Assad qui s'est militarisée face à la répression menée par les forces du régime. En 16 mois, les violences ont fait plus de 17.000 morts, dont près des deux tiers sont des civils, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

--2011--

- 23 mars: Au moins 100 personnes sont tuées par les forces de l'ordre lors de manifestations à Deraa (sud), noyau de la contestation, selon des militants et des témoins. Les autorités imputent les heurts à un "gang armé".

- 31 juil: Cent morts et des dizaines de blessés, selon des militants, lors d'une vaste offensive de l'armée à Hama, ville rebelle du centre du pays, que le pouvoir tente depuis plusieurs semaines de soumettre. Les condamnations internationales se multiplient. Barack Obama se dit "horrifié par l'usage qu'a fait le gouvernement syrien de la violence et de la brutalité contre son propre peuple". Le président du Parlement européen dénonce un "massacre".

--2012--

- 4 fév: Plus de 230 civils, dont des dizaines de femmes et d'enfants, sont tués en une nuit à Homs (centre) dans des bombardements de l'armée, selon l'opposition, épisode le plus meurtrier depuis le début de la révolte. Condamnations internationales. Washington accuse Assad d'"attaques abominables" et Paris estime que "le massacre de Homs est un crime contre l'humanité". Quelques heures après le bombardement, la Chine et la Russie opposent leur veto (le 2e) à un projet de résolution du Conseil de sécurité condamnant la répression.

Le 1er mars, l'armée prend le contrôle de Baba Amr, bastion de la rébellion à Homs, après des semaines de siège et de bombardements (700 morts). Le 12, des militants affirment avoir découvert à Homs une cinquantaine de corps de femmes et d'enfants carbonisés, égorgés ou poignardés.

- 25 mai: Au moins 108 morts, dont 49 enfants et 34 femmes, dans la localité de Houla (province de Homs). Les bombardements ont débuté à midi à la périphérie de Houla et se sont poursuivis jusqu'au lendemain à l'aube (OSDH). Tollé international.

Le Conseil de sécurité condamne les autorités syriennes, dénonçant "des bombardements par les chars et l'artillerie gouvernementale". En juin, un rapport d'une Commission d'enquête de l'ONU affirme que les forces pro-Assad sont responsables de nombreux morts.

- 6 juin: Au moins 55 personnes dont des femmes et des enfants sont tuées à Al-Koubeir, un hameau de la province de Hama, selon l'OSDH, qui, avec l'opposition, impute ce massacre aux "chabbihas" (miliciens pro-régime). Damas fait état de neuf victimes tuées par des "groupes terroristes", appellation officielle pour désigner rebelles et opposants.

- 12 juil: Au moins 150 morts dont plusieurs dizaines de combattants rebelles tués dans la localité de Treimsa (province de Hama) selon l'OSDH. Selon un militant anti-régime, la majorité des personnes tuées étaient des membres de l'Armée syrienne libre (ASL), force d'opposition armée, qui ont attaqué un convoi de l'armée avant d'être la cible d'une contre-attaque meurtrière.

Le régime fait porter la responsabilité de la tuerie aux "groupes terroristes armés". L'opposition réclame au Conseil de sécurité une résolution contraignante pour mettre fin au bain de sang.

acm/bc/cnp

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