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Romney devra répondre aux questions sur son ex-société, prévient Obama

13/07/2012 05:56 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

Barack Obama est intervenu vendredi dans la controverse sur le rôle de Mitt Romney dans son ex-société d'investissement entre 1999 et 2002, estimant que son adversaire républicain devrait en définitive répondre aux questions soulevées par la presse.

"En fin de compte, M. Romney, je pense, va devoir répondre à ces questions, parce qu'il aspire à devenir président, et une des choses que l'on apprend est que l'on est responsable de la conduite de ses opérations", a souligné M. Obama au micro de la télévision locale WJLA de Washington, un entretien accordé au cours d'une tournée électorale en Virginie (est).

"C'est sans doute une question à laquelle il va devoir répondre et je pense qu'il s'agit d'un aspect légitime de la campagne" en vue de la présidentielle du 6 novembre, a encore dit le président.

Au journaliste de WJLA qui lui demandait si M. Romney devrait "répondre vite" à ces questions, M. Obama a répondu: "oui, absolument".

M. Romney a accordé une série d'entretiens à des télévisions nationales vendredi, mais rien n'en avait filtré en début de soirée.

Cet ancien entrepreneur qui a fait fortune dans le capital-risque avec sa société Bain Capital, a mis en avant son expérience dans le secteur privé pour assurer qu'il serait un bon président pour l'emploi des Américains, un dossier sur lequel M. Obama a échoué selon lui, avec un taux de chômage actuel à 8,2% contre 5% avant le début de la crise en 2008.

Le débat entre les équipes de MM. Romney et Obama s'était brutalement envenimé jeudi quand les démocrates avaient repris au bond une enquête du journal Boston Globe selon laquelle M. Romney aurait menti sur la date à laquelle il a quitté Bain Capital.

M. Romney dit avoir quitté sa société en 1999, date à laquelle il s'est occupé de l'organisation des jeux Olympiques de Salt Lake City. Mais selon des documents fédéraux officiels produits par le journal du Massachusetts (nord-est), il y serait resté trois ans de plus et en possédait toujours 100% en 2002, juste avant de devenir gouverneur de l'Etat.

Cette période 1999-2002 est cruciale car c'est à cette époque qu'ont eu lieu des suppressions d'emploi liées à des rachats d'entreprises par Bain Capital.

M. Obama, dont la tournée en Virginie faisait escale à Hampton, sur la façade Atlantique en milieu d'après-midi, s'était jusqu'ici gardé d'appeler directement M. Romney à répondre à ces accusations, contrairement à son équipe de campagne. Il n'a pas mentionné Bain Capital dans ses discours.

Dans un autre entretien télévisé diffusé vendredi mais enregistré la veille par CBS, le président sortant avait toutefois affirmé qu'il était légitime de s'interroger sur le passé d'investisseur de son adversaire.

"Je ne pense pas du tout que (cette expérience) le disqualifie" pour briguer la présidence, avait reconnu M. Obama dans cet entretien.

"Mais c'est aussi important (de l'examiner), s'il s'agit de son principal argument, si son idée de base est que +je suis celui qui va réparer l'économie, parce que j'ai gagné beaucoup d'argent+", selon le président. "Ce qu'il dit, c'est qu'il comprend comment l'économie et le secteur privé fonctionnent", avait-il précisé.

"Je pense qu'il est entièrement légitime d'examiner ce bilan et de voir, si dans les faits, il s'agissait pour lui de créer des emplois et s'il a réussi. Et quand on examine ce bilan, il y a des questions qui se posent", avait-il dit.

"J'ai déjà dit que lorsque vous êtes chef d'une société de capital-risque ou d'un fonds d'investissement, votre mission est de gagner de l'argent. Ce n'est pas de créer des emplois. Ce n'est même pas de créer un entreprise qui réussit. C'est de faire en sorte d'obtenir des retours sur investissement les plus importants possibles", avait-il aussi expliqué.

tq/bdx

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