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Pétrole: contrats en vue en Libye pour les entreprises étrangères (Premier ministre)

13/07/2012 07:41 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

Le Premier ministre Abdelrahim al-Kib a prédit, dans un entretien à l'AFP, un avenir radieux pour les investissements étrangers en Libye surtout dans le secteur du pétrole où toute l'infrastructure est à reconstruire.

Selon M. al-Kib, dont le cabinet n'avait pas les prérogatives pour signer de contrats majeurs en période de transition, l'infrastructure pétrolière existante ne permet pas d'augmenter substantiellement la production d'hydrocarbures en Libye.

"Le plan est de tout refaire, et le travail sur l'infrastructure de l'industrie pétrolière et gazière est un domaine qui devrait déboucher sur plusieurs projets (...) afin que nous puissions augmenter les niveaux de production", a-t-il déclaré s'exprimant en anglais.

Le Premier ministre a précisé que la production pétrolière en Libye a atteint son niveau d'avant la révolution de 2011, soit autour de 1,6 million de barils par jours.

Il a encouragé par ailleurs les compagnies étrangères à investir dans d'autres secteurs de ce riche pays pétrolier assis sur les premières réserves d'Afrique et qui a traversé huit mois de conflit et une période de transition mouvementée ayant abouti à des élections législatives dont les résultats étaient toujours attendus vendredi.

"Les opportunités d'investissements viennent facilement à l'esprit: le tourisme le long d'une côte de 2.000 km sur la Méditerranée, l'industrie du pétrole et du gaz, les compagnies aériennes, les infrastructures, le secteur de la santé, l'éducation", a-t-il indiqué citant également les technologies de communications et l'éducation.

"Je vous garantis que quel que soit le secteur auquel vous pensez, il y a beaucoup de projets à réaliser", a ajoute M. al-Kib.

Il a souligné que la Libye mettait le cap vers "la connaissance et une économie de marché dans laquelle la corruption sera réduite", prévoyant un "rôle majeur" pour le secteur privé pour développer le pays et générer des emplois.

"La Libye va surprendre le monde", a-t-il estimé.

M. al-Kib, qui se prépare à céder sa place dans quelques semaines, a estimé que l'organisation le 7 juillet des premières élections du pays depuis des décennies était la plus importante réussite de son cabinet depuis sa nomination fin octobre.

Selon les résultats préliminaires de ces élections qui ont valu au pays les éloges de la communauté internationale, les libéraux semblent bien partis pour l'emporter aux islamistes.

"Je pense que les modérés vont l'emporter, parce que c'est la nature de la société libyenne", a déclaré M. al-Kib.

Ingénieur de formation, M. al-Kib avait été chargé fin octobre par le Conseil national de transition (CNT, au pouvoir) de former un nouveau gouvernement intérimaire.

Il avait succédé à Mahmoud Jibril, un des architectes de la révolution libyenne de 2011, aujourd'hui à la tête de l'Alliance des forces nationales (AFN, libérale) qui a raflé la plupart des 80 sièges réservés aux partis politiques dans la future assemblée élue.

Pour s'assurer une majorité, l'AFN est en compétition avec les islamistes pour s'allier les candidats indépendants ayant été élus dans le cadre d'un scrutin uninominal concernant 120 sièges.

Faisant le bilan de neuf mois de transition mouvementée, M. al-Kib a affirmé qu'il achevait sa mission "sans regrets" mais ajouté qu'il avait "tiré des leçons" de cette période ensanglantée par des affrontements tribaux meurtriers.

Le gouvernement était notamment confronté aux "attentes élevées d'une population sortant de 42 ans de dictature", a-t-il souligné.

Son cabinet avait échoué notamment à contenir les tensions entre tribus et à désarmer la population et tardé à réactiver la justice, malgré l'ouverture récente de quelques procès contre des responsables de l'ancien régime.

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