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Plus de 30 arrestations après une nouvelle manifestation au Soudan

13/07/2012 10:40 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

Plus de 30 personnes ont été arrêtées vendredi quand la police a tiré des gaz lacrymogènes contre une mosquée devenue emblématique du mouvement de contestation populaire engagé il y a près d'un mois au Soudan, a annoncé une figure de l'opposition.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées dans la mosquée Wad Nubawi à Omdurman, la ville jumelle de Khartoum sur l'autre rive du Nil, a expliqué Mariam al-Mahdi, membre du bureau politique de Umma et fille du chef de ce parti d'opposition, l'ancien Premier ministre Sadiq al-Mahdi.

Beaucoup des manifestants, réunis dans la mosquée après la grande prière hebdomadaire, ont fui lorsque la police a fait usage de fortes doses de gaz lacrymogènes, a-t-elle ajouté, évoquant "de nombreux blessés" par suffocation.

Quelque 200 manifestants restés retranchés dans la mosquée ont été obligés d'en sortir "sous les coups" de la police, a déclaré un peu plus tard Mme al-Mahdi.

Lors d'un entretien cette semaine à l'AFP, Mme al-Mahdi avait évoqué une réaction de plus en plus brutale des forces de sécurité face à la mobilisation débutée le 22 juin autour de cette mosquée liée à Umma, les accusant d'avoir utilisé des balles en caoutchouc, des gaz lacrymogènes puis des balles réelles.

Cette mobilisation s'inscrit dans le mouvement de contestation lancé le 16 juin par des étudiants de l'Université de Khartoum pour dénoncer la hausse des prix de l'alimentation, la politique de rigueur du gouvernement et le gouvernement lui-même.

Ce mouvement se manifeste par une multiplication de petites manifestations, en particulier le vendredi, dans de nombreux quartiers de Khartoum et dans d'autres villes. En général, ces rassemblements sont violemment dispersés par les forces de l'ordre.

Le président soudanais Omar el-Béchir a minimisé le mouvement et assuré qu'il n'avait rien de comparable avec ceux du Printemps arabe, qui ont emporté plusieurs dirigeants historiques de la région.

Comme leurs homologues en Syrie et ailleurs, les militants soudanais diffusent des vidéos de leurs manifestations sur internet pour faire passer leur message dans un pays où l'information est très contrôlée et où des journalistes soudanais et étrangers ont été arrêtés ces dernières semaines.

it/fc/sbh

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