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Nouveau massacre en Syrie, l'opposition en appelle au Conseil de sécurité

13/07/2012 04:34 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

Au moins 150 personnes ont été tuées dans le centre de la Syrie dans un nouveau massacre imputé au régime par l'opposition qui a réclamé au Conseil de sécurité une résolution contraignante pour mettre fin au bain de sang.

Des troupes gouvernementales ont bombardé jeudi la localité de Treimsa, dans la province de Hama, en utilisant des chars et des hélicoptères, faisant plus de 150 morts selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH). Des militants ont affirmé que le pilonnage a touché une mosquée où s'étaient réfugiés des civils.

Le régime à Damas, qui dit combattre des terroristes depuis le déclenchement de la révolte il y a près de 16 mois, a fait porter la responsabilité du massacre aux "groupes terroristes armés" ainsi qu'aux "médias assoiffés de sang", selon l'agence officielle Sana, citant notamment la chaîne qatariote Al-Jazeera, bête noire de Damas pour son soutien à la révolte.

Le nouveau massacre intervient au moment où le blocage est total sur le dossier syrien. Un bras de fer oppose au Conseil de sécurité de l'ONU les pays occidentaux et la Russie, principal soutien du régime, sur un projet de résolution, les Occidentaux menaçant Damas de sanctions.

Les 15 membres du Conseil, qui n'ont fait aucun progrès notable jeudi, se retrouvent vendredi pour de nouvelles discussions, selon des diplomates.

L'émissaire international de l'ONU et de la Ligue arabe pour la Syrie, Kofi Annan, dont le plan de paix est entré en vigueur le 10 avril mais est resté lettre morte sur le terrain, sera à Moscou lundi pour des entretiens avec le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, ont rapporté les agences russes.

Ahmad Fawzi, le porte parole de M. Annan, a confirmé cette visite mais n'a pas donné plus de détails sur ce déplacement qui intervient une semaine après une tournée de l'émissaire à Damas, Téhéran et Bagdad.

La tuerie de Treimsa fait suite à celle notamment de Houla (province de Homs, centre) en mai, où ont péri une centaine de personnes, dont 49 enfants et 34 femmes) et celle d'Al-Koubeir (Hama) en juin qui a fait une cinquantaine de victimes. Les deux massacres ont provoqué un tollé international et dans les deux cas, le régime les a attribués à des "groupes armés".

Le Conseil national syrien (CNS), principale coalition de l'opposition, a parlé du plus "infâme des génocides commis par le régime syrien" et pressé le Conseil de sécurité de l'ONU d'adopter une résolution contraignante "urgente" sous le chapitre VII pour "arrêter cette folie meurtrière qui menace l'entité de la Syrie, la paix et la sécurité dans la région et dans le monde".

Les Frères musulmans de Syrie, membres influents du CNS, se sont déchaînés en particulier contre l'émissaire international Kofi Annan, mais aussi l'Iran et la Russie, et les ont accusés d'être "responsables" de cette tuerie, par leur inaction.

Cette tuerie est semblable, selon la confrérie, aux "grands massacres du siècle", citant entre autres ceux de Sabra et Chatila au Liban 1982 et de Srebrenica (Bosnie) en 1995.

"Il y aura après (Treimsa) des massacres encore plus effroyables tant que les (pays) qui prétendent être les porteurs de civilisation restent impassibles face au sang syrien (qui coule) et laissent ce monstre se déchaîner en tuant autant de Syriens qu'il veut", souligne le communiqué.

Treimsa "est vide maintenant. Tout le monde est mort ou a fui", a affirmé à l'AFP par ailleurs un militant, disant s'appeler Abou Ghazi, soutenant que les forces gouvernementales ont pilonné une mosquée où de nombreux habitants avaient cherché refuge.

"Une trentaine de véhicules de l'armée ont totalement encerclé le village. Il n'y avait aucune possibilité de sortir. Quiconque essayait de fuir à travers champs était abattu", a raconté un autre militant.

"Après le bombardement, l'armée est entrée (dans Treimsa) avec des armes légères et les shabbihas (miliciens pro-régime) suivaient avec des couteaux", a-t-il ajouté.

Selon Sana, des affrontements ont opposé l'armée à un "groupe terroriste" dans la localité, faisant "de lourdes pertes dans les rangs des terroristes" et trois parmi les soldats.

Sur un autre plan, le régime a confirmé jeudi la première défection de l'ambassadeur syrien en Irak Nawaf Farès, jugeant que ses déclarations aux médias étaient "en contradiction avec son devoir qui consiste à défendre les positions et la cause de son pays".

Pour Washington, il y a "de plus en plus d'indices du fait qu'Assad est en train de perdre son emprise". Mais le parcours de cet ancien membre des redoutables services de renseignements suscite la méfiance des militants.

Sa défection intervient quelques jours après celle de Manaf Tlass, un général proche du président Assad et qui, selon le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, est entré en contact avec l'opposition syrienne.

La répression de la révolte et les combats entre forces gouvernementales et rebelles ont fait plus de 17.000 morts depuis le début, à la mi-mars 2011, de la contestation contre le régime de Bachar al-Assad, selon une ONG syrienne.

bur-ram/sk/sw

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