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Mandat d'arrêt contre Mudacumura: Kigali réclame son arrestation en RD Congo

13/07/2012 02:52 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

Le Rwanda a appelé vendredi les autorités de la République démocratique du Congo et la force de l'ONU dans ce pays à arrêter sans tarder le chef des rebelles des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR) Sylvestre Mudacumura, après l'émission d'un mandat d'arrêt de la Cour pénale internationale (CPI) à son encontre.

"Mieux vaut tard que jamais", a déclaré au téléphone à l'AFP Tharcisse Karugarama, le ministre rwandais de la Justice.

"La Monusco (force des Nations Unies en RDC) et l'armée congolaise l'ont toujours traité comme un copain, comme un collègue. Il faut qu'ils l'arrêtent maintenant", a ajouté le ministre, laissant ainsi entendre que l'intéressé se trouvait sur le sol de la RDC.

Le mandat d'arrêt contre M. Mudacumura "est une bonne chose, mais pour nous, cela ne suffit pas car ces hommes (des FDLR) sont en train de commettre des crimes en RDC en plus des crimes commis pendant le génocide au Rwanda", a déclaré de son côté le porte-parole du parquet général du Rwanda, Alain Mukurarinda, interrogé au téléphone par l'AFP.

"Poursuivre Mudacumura seul ne suffit pas" a-t-il ajouté.

Le Rwanda "attend maintenant que tous les pays concernés mettent de leur volonté pour que le mandat soit exécuté", a poursuivi le porte-parole du parquet.

Le chef suprême des FDLR, né au Rwanda et âgé de 58 ans, est soupçonné d' attaques contre la population civile dans l'est de la RDC, de meurtres, mutilations, traitements cruels, viols, torture, destructions de biens, pillages et atteintes à la dignité humaine.

Selon l'accusation de la CPI, Sylvestre Mudacumura est le commandant suprême des FDLR-FOCA, l'une des milices les plus actives dans les provinces des Kivus en RDC, et serait responsable d'une campagne de violence visant les civils dans ces provinces.

Le gouvernement rwandais considère pour sa part les FDLR comme une organisation "terroriste" et accuse nombre de ses membres d'avoir participé au génocide au Rwanda contre la minorité Tutsi en 1994 (800.000 morts selon l'ONU), jusqu'à l'arrivée au pouvoir de la guerilla du FPR dirigé par l'actuel chef de l'Etat Paul Kagame.

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