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Les pertes de JPMorgan sur les marchés approchent les 6 milliards de dollars

13/07/2012 11:51 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

La première banque américaine, JPMorgan Chase, a révélé vendredi que ses pertes de courtage approchaient désormais les 6 milliards de dollars et accusé certains "individus" de lui avoir caché cette déconvenue.

Sur le seul deuxième trimestre, la première banque américaine en termes d'actifs a perdu 4,4 milliards dans le courtage de dérivés de crédit à Londres, deux fois plus que le montant de 2 milliards de dollars initialement annoncé en mai.

Mais les pertes de l'unité de courtage en propre de la banque avaient commencé bien avant. Elles ont "atteint depuis le début de l'année 5,8 milliards de dollars", a indiqué le directeur financier Douglas Braunstein lors d'une conférence d'analystes.

"La firme a récemment découvert des informations qui créent des doutes sur l'intégrité" des informations rapportées sur les opérations des traders et "certains individus ont peut-être cherché à éviter de montrer la totalité des pertes", a averti la banque.

JPMorgan dit avoir largement réduit le portefeuille de dérivés de crédits qui est à l'origine de ces énormes pertes, mais ce qui reste n'est "pas petit", a admis le PDG Jamie Dimon.

"Dans un scénario extrême", notamment si la situation se détériore fortement en Europe, les pertes pourraient atteindre 800 millions de dollars à 1,7 milliard de dollars" de plus, a-t-il ajouté.

Malgré tout, le groupe est parvenu à dégager 5 milliards de dollars de bénéfices sur le deuxième trimestre, en baisse de 9% sur un an.

Tous les dirigeants qui travaillaient dans l'équipe londonienne incriminée ont été licenciés, y compris le Français Bruno Iksil qui avait gagné le surnom de "baleine de Londres" à cause de l'énormité de ses paris risqués dans les dérivés de crédit européens.

Les dirigeants impliqués dans ces pertes sont partis "sans indemnité de licenciement" ni "prime pour 2012" et la banque va leur demander de restituer des rémunérations passées qui "pourront aller jusqu'à deux ans de rémunération".

L'ex-dirigeante de cette entité, qui fait partie des cadres limogés, a accepté de restituer "le maximum de rémunération passées" que la banque est en mesure d'exiger, a noté M. Dimon.

Cette affaire "a secoué notre entreprise dans ses fondations", "nous nous sommes tiré nous-mêmes une balle dans le pied", a admis M. Dimon, grand pourfendeur de la loi Dodd-Frank qui renforce la régulation du secteur financier aux Etats-Unis. Il a réaffirmé qu'il s'agissait d'un événement "isolé".

"Nous sommes toujours la même firme qu'en 2006, 2007, 2008, 2009", celle qui a souvent dégagé des bénéfices records et bien géré la crise financière pour devenir la première banque américaine en termes d'actifs, a-t-il argumenté.

Les investisseurs semblaient rassurés et l'action bondissait de plus de 3% en fin de matinée à Wall Street.

"Le pire semble être passé pour JPMorgan Chase", a estimé le site d'analystes 247Wallst.com.

Mais les petits investisseurs en sont pour leurs frais: l'action a chuté de 15% depuis le 10 mai, soit 23,5 milliards de dollars de valorisation boursière évaporés.

Le syndicat AFL-CIO, qui gère d'énormes fonds de pension et détient 4,5% de JPMorgan Chase, a fustigé dans un communiqué JPMorgan et "les autres banques de Wall Street qui continuent à fonctionner avec une mentalité de casino".

"JPMorgan Chase a annoncé des pertes de plus de 4 milliards de dollars sur un pari idiot, et pourtant elle dépense des millions de dollars pour affaiblir les réglementations financières et détruire les garde-fous des familles qui travaillent", a-t-il conclu.

ved/sl/bar

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