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Le président tunisien à Paris pour "effacer les traces" des tensions passées

13/07/2012 07:03 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

Le président tunisien Moncef Marzouki a expliqué, dans un entretien à l'AFP, que sa visite en France du 17 au 19 juillet visait à "effacer les traces" laissées par l'attitude équivoque de Paris lors de la révolution tunisienne.

"Il y a le côté symbolique, renforcer les liens qui sont déjà très forts, très puissants, et ensuite ouvrir une nouvelle page dans les relations d'Etat à Etat", a relevé M. Marzouki.

"Les Tunisiens ont quand même peu apprécié l'attitude d'anciens gouvernements français qui avaient tout de même apporté un certain soutien à la dictature", a-t-il noté.

"Vous vous souvenez des dérapages verbaux de certains ministres français quand il y a eu cette révolution (en 2011). Ca a laissé des traces en Tunisie. Ce sont ces traces que je voudrais effacer", a-t-il souligné.

Il faisait référence aux propos de la ministre française des Affaires étrangères de l'époque Michèle Alliot-Marie qui, avant la fuite du président déchu Ben Ali, avait proposé une coopération sécuritaire pour faire face aux manifestations qui ont finalement fait tomber le régime tunisien.

M. Marzouki a néanmoins relevé que "les relations entre les deux pays sont tellement puissantes que quelque soit le gouvernement ici où là-bas, ça ne change pas grand chose".

La France est le premier partenaire de la Tunisie et quelque 600.000 Tunisiens y vivent, note-t-il.

Mais "il est certain que l'atmosphère psychologique est nettement meilleure, nettement plus sereine, plus facile" avec l'avènement de François Hollande, a-t-il dit.

M. Marzouki a aussi souligné son amour pour la France. "C'est un pays que j'aime, dans lequel je me sens bien, j'y ai fait ma formation, je m'y suis marié, mes enfants y sont nés. C'est un pays qui m'accueilli quand j'étais persécuté", a-t-il rappelé.

Né le 7 juillet 1945 à Grombalia (40 km au sud-est de Tunis), M. Marzouki est médecin, spécialiste en neurologie et santé publique formé à Strasbourg. Professeur de médecine à l'Université de Sousse (sud-est) de 1981 à 2000, mais très engagé en faveur des droits de l'homme, il avait été contraint à l'exil sous Ben Ali.

alf/Bsh/vl

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