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Le film des pertes de la "baleine de Londres", déroulé par JPMorgan Chase

13/07/2012 02:59 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

La banque américaine JPMorgan Chase a publié vendredi un compte-rendu détaillé de ses pertes de courtage, montrant comment elles ont gonflé mois après mois pour atteindre près de 6 milliards de dollars à ce jour.

En voici les principales étapes, selon la direction de la banque:

- Le portefeuille de crédits dérivés est créé en 2007. Il a une performance conforme aux attentes entre 2007 et 2011, gagnant 2 milliards de dollars sur la période.

- Fin 2011: "la direction de la firme demande au Bureau des investissements en propre (CIO) de réduire les actifs à risque".

- 1er trimestre 2012: le CIO essaie de se couvrir de positions qui pariaient initialement sur une détérioration des conditions de crédit. Il investit donc désormais sur des produits qui rapportent de l'argent si les conditions de crédit en Europe s'améliorent.

- Fin janvier, un nouveau modèle d'évaluation du risque sur les produits dérivés est mis en place. La direction de la firme autorise une hausse temporaire des limites de risque.

- Février: le CIO fait un bilan de ses activités à la direction de la firme. "La discussion passe rapidement au portefeuille de dérivés de crédits. Le CIO affirme que le portefeuille est bien positionné et que la réduction des risques demandée est en cours".

- Fin mars: le résultat de cette stratégie se traduit par une énorme augmentation de la taille de l'investissement, de sa complexité et de son exposition aux divers risques. Malgré cette hausse des risques, l'équipe du CIO ne le "fait pas suffisamment savoir à la direction de la firme", alors même que certaines limites de risque autorisé sur les portefeuille sont atteintes. Le 23 mars, la direction du CIO décide de clôturer ces positions de courtage.

- Fin mars/début avril, les positions énormes prises par la banque dans son CIO à Londres, notamment par le trader français Bruno Iksil deviennent visibles à tout le marché des dérivés de crédit. Le 6 avril un article du Wall Street Journal rapporte que la place de Londres surnomme Iksil "la baleine de Londres" en raison de ses paris énormes et risqués, ce qui se traduit par "une visibilité accrue" et augmente la vulnérabilité du trader sur ces positions. La direction de la firme "demande à passer en revue le portefeuille de dérivés de crédit" en question.

- 13 avril: JPMorgan Chase publie ses résultats du premier trimestre. Le PDG Jamie Dimon balaie les questions des analystes sur les positions énormes de Bruno Iksil et parle de "tempête dans un verre d'eau".

- Fin avril: la hausse des pertes entraine un examen poussé des systèmes de contrôle du risque de la banque. Les principaux hauts dirigeants de l'activité risque prennent le contrôle du portefeuille de dérivés de crédit du CIO.

- Début mai: des erreurs sont détectées dans le modèle d'évaluation des risques mis en place en janvier. L'ancien modèle est repris. Le risque et les pertes potentielles apparaissent donc encore plus importants.

- Le 10 mai, Jamie Dimon dévoile l'existence d'au moins 2 milliards de dollars de pertes liées à ces positions, indiquant qu'elles pourraient être bien supérieures.

- Le 13 juillet, M. Dimon reconnait qu'elles ont atteint 4,4 milliards de dollars sur le seul deuxième trimestre, que depuis le début de l'année elles se montent à 5,8 milliards de dollars, et qu'elles pourraient encore grimper de 800 millions à 1,7 milliard de dollars, notamment si la situation se détériore fortement en Europe.

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