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Don de 15 millions $ à Carleton: le syndicat exige que ce soit rendu public

13/07/2012 06:11 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

OTTAWA - Le président de l'Association de faculté de l'université Carleton a déclaré vendredi qu'il aimerait que les ententes entre les universités et les donateurs soient rendues publiques à la suite de la controverse touchant l'École de gestion politique de l'université Carleton.

Selon Jason Etele, qui enseigne le génie, les problèmes concernant l'entente de collaboration assortie d'un don de 15 millions $ à l'École de gestion politique par l'homme d'affaires Clayton Riddell auraient pu être évités et ont atteint le moral du personnel enseignant. Mais les professeurs ne sont pas surpris, a ajouté le président nouvellement élu de la Carleton University Academic Staff Association. Les ententes de collaboration avec le privé sont devenues une tendance, a ajouté Jason Etele.

L'université Carleton avait fait savoir plus tôt cette semaine qu'elle entendait renégocier l'entente conclue avec l'homme d'affaires Clayton Riddell, qui a fait un don de 15 millions $ à cette institution d'Ottawa pour la mise en oeuvre de la campagne de publicité de son École de gestion politique.

Au même moment, l'Association canadienne des professeurs du Canada (ACPC) critiquait sévèrement cette «tendance inquiétante» des universités à court de moyens financiers à renoncer à leur intégrité académique au profit du soumissionnaire le plus offrant.

Au dire du président de l'ACPC, James Turk, la nature même des universités est en jeu, car les dons placent les donateurs dans une position où ils sont en mesure d'influencer l'embauche, le cursus, le type de questions de recherche et le genre de réponses à ces mêmes questions.

M. Turk a ajouté que le public perdrait, et «devrait alors perdre», sa confiance dans l'université, qui à son tour perdrait son caractère distinctif.

Carleton a finalement rendu publics les détails de l'entente le vendredi précédant la Fête du Canada et ce, au terme d'un année complète passée à fournir des réponses évasives à ce sujet aux journalistes de la Presse Canadienne à la suite d'une demande en vertu de la Loi sur l'accès à l'information.

Le contrat qui a été livré à la Presse Canadienne le 29 juin révèle que la Fondation Riddell a bel et bien nommé trois des cinq membres d'un comité de direction qui bénéficie d'une influence importante dans les décisions à propos du budget alloué au programme de gestion politique, mais également aux choix pour l'embauche, le directeur administratif et le cursus.

Preston Manning, le fondateur du défunt Parti réformiste du Canada, siège à la tête du comité. Son ancien chef de cabinet Cliff Fryers y est également, comme Chris Foggart, l'ancien chef de cabinet du ministre conservateur John Baird de même que deux porte-parole de l'université.

Dans un courriel envoyé à la Presse Canadienne, jeudi, la porte-parole de Carleton, Beth Gorham, avait indiqué que l'université prévoyait «revoir les dispositions de l'entente en collaboration avec le donateur».

L'entente «ne reflétait pas pleinement les politiques et les procédures de Carleton en ce qui a trait à la gestion du budget et de la sélection du personnel», a écrit l'institution dans un communiqué.

Ni la faculté concernée, ni l'assemblée universitaire n'était au courant des détails de l'entente. Même des représentants du comité exécutif n'étaient pas au courant de l'entente avant de lire les détails divulgués par la Presse Canadienne.

Des batailles similaires opposant enseignants et dirigeants d'université ont eu lieu dans d'autres institutions entre autre à Waterloo et Calgary au cours de la dernière année.

«On peut se demander où sera la limite, demande pour sa part Jason Etele, le représentant de la Carleton University Academic Staff Association. Il s'agit d'une institution publique et les citoyens ont le droit de savoir comment les universités dépensent leur argent.

L'École de gestion politique de l'université Carleton a été lancée en 2010 à grands coups de publicités. Le programme de deuxième cycle en sera à sa deuxième année en septembre.

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