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Congo: les rebelles du M23 menacent de revenir et d'attaquer l'armée à Rutshuru

13/07/2012 05:46 EDT | Actualisé 12/09/2012 05:12 EDT

KINSHASA, République Démocratique Du Congo - Un nouveau mouvement rebelle qui terrorise l'est de la République démocratique du Congo (RDC) a menacé, vendredi, d'attaquer l'armée congolaise dans une importante ville de la région récemment évacuée par les insurgés.

La Cour pénale internationale a par ailleurs délivré vendredi des mandats d'arrestation contre deux chefs rebelles accusés d'avoir commis des atrocités dans l'est du Congo.

Le groupe rebelle M23 a diffusé un communiqué dans lequel il appelle les soldats à quitter Rutshuru et la ville voisine de Kiwanja, faute de quoi «ils seront tenus responsables de toutes les conséquences».

Les rebelles du M23 ont pris Rutshuru dimanche sans rencontrer de résistance: les soldats gouvernementaux s'étaient retirés avant leur arrivée et les forces de l'ONU ont choisi de ne pas s'interposer. Ils sont repartis volontairement le lendemain, tout en avertissant l'armée congolaise de ne pas revenir. Les rebelles ont annoncé qu'ils se retiraient aussi du passage frontalier de Bunagana, entre la RDC et l'Ouganda, en attendant de voir si le gouvernement est prêt à négocier.

Mais le gouvernement congolais a déclaré qu'il ne négocierait qu'avec le Rwanda, accusé de soutenir les rebelles. Le Rwanda nie ces allégations, mais a accepté cette semaine la création d'une force internationale pour «éradiquer» tous les rebelles et les milices dans l'est du Congo et patrouiller la frontière entre les deux pays.

La mission de l'ONU au Congo est déjà la plus importante au monde, avec ses quelque 20 000 policiers et soldats. On ne sait pas très bien pour l'instant comment une nouvelle force internationale pourrait réussir là où l'ONU a échoué à soutenir l'armée congolaise dans sa tentative de ramener la paix dans l'est du Congo, où plus d'une dizaine de milices et de groupes rebelles étrangers terrorisent la population.

Jeudi, l'ONU a confirmé avoir déployé des hélicoptères de combat pour bombarder plusieurs positions du M23.

Le M23 est composé d'ex-rebelles tutsis intégrés à l'armée congolaise en vertu d'un accord conclu le 23 mars 2009. Ils ont fait défection en avril en affirmant que l'accord n'avait pas été respecté.

Depuis le début de ce nouveau mouvement rebelle, plus de 200 000 personnes ont été forcées de fuir leur domicile pour échapper aux violences. Au moins 20 000 d'entre elles ont trouvé refuge au Rwanda et en Ouganda.

Le M23 serait dirigé par Bosco Ntaganda, l'un plus notoires chefs rebelles au Congo. Les juges de la Cour pénale internationale (CPI) ont délivré un second mandat d'arrestation contre lui vendredi en lien avec des accusations de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité.

Ntaganda a été accusé une première fois par la CPI en 2006 pour crimes de guerre et recrutement forcé d'enfants soldats, mais il n'a jamais été arrêté. Il a été intégré dans l'armée congolaise dans le cadre d'un accord de paix, avant de faire défection en avril pour former le M23. Le second mandat d'arrêt délivré vendredi concerne des crimes qu'il aurait commis dans les deux provinces du Kivu à partir de septembre 2002.

Ntaganda nie tout lien avec le M23 et le groupe assure qu'il n'est pas son leader. Mais un rapport d'experts de l'ONU accuse le Rwanda d'avoir contribué à armer la rébellion et affirme que Ntaganda est le chef du M23.

La CPI a aussi délivré un mandat d'arrêt contre un autre chef rebelle, Sylvestre Mudacumura, accusé de neuf crimes de guerre dans les deux Kivus en 2009 et 2010. Il est considéré comme l'un des chefs des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR), un groupe actif dans l'est du Congo.

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