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Au moins 150 personnes tuées dans un nouveau massacre dans le centre de la Syrie

13/07/2012 04:04 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

BEYROUTH - Un nouveau massacre perpétré jeudi par les forces gouvernementales à Tremseh, dans le centre de la Syrie, a fait au moins 150 morts, a rapporté l'Observatoire syrien des droits de l'homme vendredi.

Les Comités locaux de coordination, une autre organisation de l'opposition, rapportent quant à eux plus de 200 morts dans cette localité pilonnée à l'arme lourde pendant toute la journée de jeudi.

L'émissaire des Nations unies et de la Ligue arabe en Syrie, Kofi Annan, s'est dit «bouleversé et horrifié» par ces informations. Les forces du régime ont violé «l'engagement du gouvernement de cesser l'utilisation d'armes lourdes dans les zones de population», a-t-il dénoncé.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a lui aussi accusé le gouvernement syrien d'avoir violé les résolutions onusiennes en utilisant des armes lourdes dans une zone résidentielle. Il a appelé le Conseil de sécurité à entreprendre une «action collective» pour mettre fin aux violences en Syrie.

Des images vidéo mises en ligne jeudi soir par des militants de l'opposition montrent les corps de 15 hommes, alignés sur le sol. Certains sont couverts de sang et portent des blessures aux mains et au torse. Sur une deuxième vidéo, le corps d'un homme repose sur un chariot d'hôpital.

Les bilans fournis par l'Observatoire syrien des droits de l'homme et les Comités locaux de coordination, qui disposent de militants sur le terrain, n'ont pas pu être vérifiées de source indépendante, en raison des restrictions de déplacement imposées par les autorités syriennes aux journalistes. Le général Robert Mood, chef de la mission d'observation de l'ONU en Syrie, n'a pas non plus confirmé le nombre des victimes.

Mais un groupe d'observateurs de l'ONU présents jeudi à environ cinq kilomètres de Tremseh a établi que des armes lourdes, dont des «unités mécanisées» et des hélicoptères, avaient été utilisés par l'armée, a déclaré le général Mood lors d'un point de presse à Damas.

D'après deux militants de l'opposition joints vendredi par Skype, l'armée syrienne a encerclé Tremseh jeudi matin afin d'empêcher la population de fuir. La petite localité a ensuite été bombardée par des blindés et des missiles tirés par hélicoptère. «Beaucoup de gens ont essayé de faire sortir les familles mais ils n'ont pas pu», a expliqué l'un des militants, Bassel Darwich.

Après les bombardements, a-t-il poursuivi, l'armée est entrée avec des miliciens du régime, des «shahibas», qui ont tiré sur des habitants en pleine rue ou les ont poignardés. Une liste d'environ 200 morts a été établie, selon lui.

D'après un autre militant, Abou Ghazi al-Hamwi, des insurgés de l'Armée syrienne libre ont tenté en vain de repousser les forces du régime. Le militant a également fait état de plus de 200 morts, sans fournir de bilan détaillé. La plupart des victimes ont été tuées par la chute d'un obus sur une mosquée où elles s'étaient réfugiées, a-t-il précisé.

Le gouvernement syrien a de son côté affirmé que plusieurs dizaines de membres de «groupes terroristes armés» avaient attaqué Tremseh, ouvrant le feu au hasard sur les habitants. Les forces syriennes ont tué ou capturé plusieurs «terroristes», ajoute l'agence officielle SANA, qui précise que trois soldats et une cinquantaine d'habitants ont été tués.

Le massacre de Tremseh rappelle celui survenu le 25 mai dans la région de Houla, dans le centre du pays, où 108 personnes, dont une cinquantaine d'enfants, ont été tuées, selon un bilan des Nations unies.

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