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Viols, meurtres, enfants enrôlés: la "descente aux enfers" du Nord-Mali (FIDH)

12/07/2012 09:29 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

Le Nord du Mali vit depuis six mois "une descente aux enfers", conclut la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH) dans un rapport publié jeudi à Paris qui recense des dizaines de viols et meurtres perpétrés par les groupes armés depuis janvier.

La FIDH demande à la procureur de la Cour pénale internationale (CPI) "d'ouvrir officiellement une analyse préliminaire sur la situation au Mali" et appelle "la communauté internationale à intensifier ses actions pour rétablir des institutions légitimes à Bamako et accélérer la transition politique".

"Ce rapport présente l'enquête et les témoignages recueillis au Nord-Mali qui démontrent que des dizaines de viols, des exécutions sommaires et des pillages systématiques ont été commis lors de la prise des grandes villes du Nord par les groupes armés", a déclaré la présidente de la FIDH, Souhayr Belhassen.

Le rapport débute par les crimes de guerre commis, le 24 janvier 2012, dans le camp d'Aguelhock, où "153 militaires maliens étaient fait prisonniers et exécutés sommairement, certains après avoir été torturés". Selon les témoignages, "les responsables seraient des éléments du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA, indépendantistes Touareg) et du groupe islamiste Ansar Dine" qui revendique l'application de la Charia dans le Nord.

Sont décrites ensuite les exactions commises après la prise de Gao par le MNLA et les groupes armés islamistes, le 31 mars: un étudiant relate "les têtes de certains militaires suspendues au mur du camp et sur le pont de Wabaria".

A Gao, Tombouctou et ces régions, "plus de 50 cas de viols ou de tentatives de viols ont été recensés", des viols souvent collectifs sur des femmes et des filles mineures. "Ces crimes perpétrés dès la prise des villes et des régions de Tombouctou et de Gao par les forces du MNLA semblent avoir principalement ciblé des femmes des populations noires de la région".

La FIDH évoque "l'enrôlement d'enfants mineurs" dans les rangs du MNLA et de Ansar Dine.

"Des dizaines de cas ont été documentés par nos organisations qui s'inquiètent de la vague de recrutement menée en ce moment par Ansar Dine alors que des enfants de 12 à 15 ans seraient actuellement dans leurs camps d'entraînement à quelques kilomètres de Gao", détaille la FIDH.

Enfin, sont relatées les brimades subies par les populations civiles auxquelles les islamistes ont imposé "une nouvelle façon de vivre": voleurs dont la main a été coupée, fumeurs fouettés, couple non marié recevant 100 coups de fouets... Mais aussi les destructions d'églises et de mausolées sacrés des saints de la ville de Tombouctou.

lbx/thm/aub

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