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UA: nouvelle bataille au sommet pour la présidence de la Commission

12/07/2012 02:22 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Un sommet de l'Union africaine, dimanche et lundi à Addis Abeba, va à nouveau tenter d'élire un président à la tête de l'instution-clé de l'organisation, au risque d'étaler encore plus les divisions du continent après un premier échec il y a six mois.

Lors du précédent sommet, en janvier, le scrutin avait tourné au psychodrame, le président sortant de la Commission, le Gabonais Jean Ping, ayant échoué à réunir les deux-tiers des suffrages, bien que resté seul en lice au quatrième tour du scrutin l'opposant à la Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma.

Les deux candidats s'affronteront de nouveau dimanche 15 juillet.

"Le principal sujet d'intérêt de ce sommet sera l'identité du prochain président" de la Commission, l'exécutif de l'UA, estime Alex Vines, directeur Afrique au centre de réflexion Chatham House.

Ce scrutin, qui a tendu les relations entre les principales puissances africaines, risque à nouveau d'éclipser le reste du programme, dont les différents conflits en cours sur le continent.

Selon le vice-président kényan de la Commission de l'UA, Erastus Mwencha, la crise au Mali, théâtre en mars d'un coup d'Etat dont ont profité des groupes rebelles, principalement islamistes, pour prendre le contrôle du nord du pays, et les tensions graves entre les deux Soudans, autour de leur frontière et des ressources pétrolières, seront au centre des discussions sur la sécurité.

"Il nous reste un long chemin à parcourir avant de parvenir à notre objectif commun d'un continent libéré du fléau du conflit et de la violence", a rappelé M. Mwencha devant la presse.

"Il est impératif que nous redoublions d'efforts pour parvenir à la paix", a-t-il ajouté, alors que, selon Alex Vines, l'UA a montré lors de la décennie précédente qu'elle "n'est pas correctement équipée pour s'attaquer aux défis modernes sur le continent".

La lutte pour la présidence de la Commission risque fort de conduire à une nouvelle impasse, dommageable pour l'image de l'Afrique et de son organisation continentale, M. Ping et Mme Dlamini-Zuma maintenant fermement leur candidature et étant assurés de recueillir chacun au moins un tiers des suffrages.

"Je ne vois comme seule issue possible qu'un retrait surprise (d'un des candidats) ou un accord politique", estime à Pretoria le directeur de l'Institut des Etudes de sécurité, Jakkie Cilliers.

Selon les analystes, l'Afrique du Sud, en faisant fi, malgré des chances limitées, d'une loi non écrite selon laquelle les principales puissances continentales s'abstiennent de postuler aux postes-clés de l'UA, pourrait desservir ses propres ambitions internationales.

"Les chances de l'Afrique du Sud ne me semblent pas élevées", explique Alfredo Hengari, de l'Institut sud-africain des Affaires internationales; vu la règle des deux-tiers, "au jeu des chiffres, je ne pense que pas que l'Afrique du Sud puisse s'en tirer", les pays francophones formant un bloc solide, note-t-il.

"L'Afrique du Sud est perçue comme un pays important, déjà capable d'influencer les décisions au sein de l'UA sans même détenir la présidence de la Commission", ajoute-t-il.

Selon M. Cilliers, "l'Afrique du Sud a présenté Mme Dlamini-Zuma comme la candidate de la SADC (Communauté de développement de l'Afrique australe), ce qui est vrai, mais elle continue d'être perçue comme Sud-Africaine et c'est son principal handicap".

"La frustration est immense à Addis Abeba concernant l'impasse actuelle et une grande part de cette frustration est dirigée contre l'Afrique du Sud", ajoute-t-il.

L'ambition sud-africaine d'obtenir un siège permanent au Conseil de sécurité ne pourra se réaliser "que si nous (Sud-Africains) avons un soutien africain solide et je ne suis pas sûr que nous l'ayons, ce soutien solide", souligne par ailleurs M. Cilliers.

Si aucun candidat n'emporte les deux-tiers des voix nécessaires samedi, Jean Ping pourrait légalement se voir demander d'assurer l'interim jusqu'au prochain sommet en janvier 2013.

Le sommet de dimanche et lundi, initialement prévu à Lilongwe, a été relocalisé à Addis Abeba après le refus de la nouvelle présidente du Malawi, Joyce Banda, d'inviter le président soudanais Omar el-Béchir, inculpé par la Cour pénale internationale (CPI).

Mme Banda, qui estimait qu'une telle présence nuirait aux liens entre son pays et ses bailleurs internationaux, a depuis annoncé qu'elle ne participerait pas au sommet à Addis Abeba.

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