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Syrie: bras de fer autour d'une résolution menaçant Damas de sanctions

12/07/2012 06:54 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

Les négociations jeudi au Conseil de sécurité de l'ONU sur un projet de résolution sur la Syrie ont tourné au bras de fer entre les Occidentaux, qui veulent faire pression sur Damas, et la Russie qui protège son allié syrien.

Les 15 membres du Conseil se sont séparés jeudi soir sans avoir fait de progrès notable et se retrouvent vendredi pour de nouvelles discussions, ont indiqué des diplomates.

La Russie refuse de sanctionner le gouvernement syrien s'il ne cesse pas ses attaques à l'arme lourde contre l'opposition, comme le prévoit un projet de résolution présenté par Européens et Américains et qui invoque le chapitre VII de la Charte de l'ONU. Ce chapitre permet d'imposer des sanctions économiques à un pays pour le contraindre à se plier à une décision du Conseil.

Les Etats-Unis menacent de leur côté de ne pas prolonger le mandat de la Mission des observateurs de l'ONU en Syrie (Misnus), qui expire le 20 juillet, si le Conseil n'utilise pas les sanctions comme moyen de pression sur le président Bachar al-Assad, selon des diplomates.

Les quelque 300 observateurs ont été déployés à la mi-avril pour surveiller un cessez-le-feu jamais appliqué et ils ont dû suspendre leurs patrouilles en raison de la poursuite des combats.

"Il y a toujours un fossé (entre les positions occidentale et russe) et cela concerne le chapitre VII", a constaté l'ambassadeur allemand Peter Wittig à sa sortie de la réunion. "Nous progressons, nous étions à 15 kilomètres de distance, nous nous nous sommes rapprochés de 5 centimètres", a ironisé l'ambassadeur français Gérard Araud.

L'ambassadeur britannique Mark Lyall Grant a précisé qu'il "ne prévoyait pas de vote sur ce texte cette semaine" et qu'il y avait "encore du temps pour négocier".

Après une première réunion jeudi matin, le représentant adjoint de la Russie, Igor Pankine, avait averti que les sanctions étaient "une ligne rouge" à ne pas franchir.

A Moscou, le vice-ministre des Affaires étrangères, Guennadi Gatilov, a jugé "inacceptable" la résolution occidentale, car elle ne fixe pas "d'obligations" à l'opposition syrienne.

Dans leur texte, Européens et Américains donnent dix jours à Damas pour retirer ses troupes et armes lourdes des villes rebelles, sous peine de sanctions économiques.

La Russie a déjà mis par deux fois son veto à des résolutions brandissant la menace de sanctions contre Damas. La Chine a fait de même.

Le texte proposé par les Etats-Unis, la France, le Royaume-Uni, l'Allemagne et le Portugal prolonge aussi pour 45 jours la Mission des observateurs.

La Russie avait proposé mardi une résolution rivale qui renouvelle ce mandat, mais n'évoque pas de sanctions.

Les 15 membres du Conseil ont jusqu'au 20 juillet pour s'entendre sur une nouvelle résolution.

En tournée en Asie, la secrétaire d'Etat Hillary Clinton a souligné jeudi que la résolution devait prévoir des "conséquences réelles" pour la Syrie si elle ne se "conformait pas à ses obligations".

"Nous voulons une seule résolution qui non seulement adopte le plan du Groupe d'action de Genève (du 30 juin), mais qui impose aussi, comme l'a réclamé (l'émissaire international) Kofi Annan, des conséquences réelles" pour la Syrie, a expliqué le porte-parole du département d'Etat, Patrick Ventrell.

Mercredi, l'ambassadrice américaine Susan Rice avait lié le renouvellement de la Misnus à l'intensification des pressions contre le régime syrien.

"Si le Conseil ne prend pas des mesures concrètes pour accroître la pression (sur Damas), avait-elle insisté, on ne peut pas espérer que la Misnus soit davantage capable à l'avenir de remplir son mandat qu'elle ne l'est aujourd'hui".

"Un simple renouvellement du mandat de la Misnus sans que le Conseil se déclare clairement prêt à mettre tout son poids politique en soutien aux observateurs et au plan Annan est insuffisant", avait-elle ajouté.

avz-nr/sam

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