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RDC: "notre mission n'est pas d'aller à Goma", assure le M23

12/07/2012 06:54 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

"Notre mission n'est pas d'aller à Goma" la capitale de la province du Nord-Kivu dans l'est de la République démocratique du Congo, a réaffirmé jeudi à l'AFP le porte-parole des mutins du M23, après le déploiement de chars de l'ONU au nord de la ville pour prévenir toute attaque.

"Notre mission ce n'est pas d'aller à Goma. Nous avons notre force mais nous sommes disciplinés", a déclaré le lieutenant-colonel Vianney Kazarama.

Le 6 juillet, le M23 a pris Bunagana, un important poste-frontière avec l'Ouganda, après des combats avec l'armée congolaise (FARDC), avant de conquérir sans résistance, le 8 juillet, Rutshuru, à 70 km au nord de Goma, et d'autres localités plus au sud, jusqu'à 50 km de la capitale provinciale.

Les mutins se sont retirés depuis lundi de ces villes, mais contrôlent toujours Bunagana, situé à environ 25 km au sud-est de Rutshuru, et tout près de leurs bases dans des collines du parc national des Virunga, frontalier avec le Rwanda et l'Ouganda.

"Nous nous sommes retirés de ces villes, notre mission ce n'est pas de contrôler les villes. Nous demandons juste au gouvernement congolais de venir à la table des négociations", a affirmé le porte-parole des mutins.

Face à cette avancée des rebelles, la Monusco a déployé au moins une dizaine de chars à environ 25 km de Goma, à Kibumba sur la route allant à Rutshuru, pour faire face à toute éventuelle attaque du M23 sur la capitale provinciale.

Les FARDC ont aussi déployé quelques chars au nord de Goma, a constaté l'AFP.

Aucun mouvement des mutins n'a été observé jusque-là vers la capitale provinciale où une activité normale était observée.

Des responsables de l'ONU à New York avaient indiqué mardi que des FARDC et des Casques bleus faisaient route vers Goma, dans la crainte d'une attaque des rebelles sur cette ville de 500.000 habitants où la Monusco a plusieurs bases.

"Personne ne sait ce que le M23 a l'intention de faire", avait expliqué le responsable de l'ONU. "Notre grande inquiétude est que le M23, ayant pris ces villes, prépare désormais un mouvement contre Goma", avait-il ajouté.

De hauts responsables rwandais, dont le ministre de la Défense, le général James Kabarebe, sont accusés d'avoir aidé directement le M23, selon un rapport d'experts de l'ONU.

Kigali a toujours démenti tout soutien aux mutins.

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon a appelé mercredi les présidents rwandais Paul Kagame et congolais Joseph Kabila pour leur demander de "poursuivre le dialogue afin de réduire les tensions et mettre fin à la crise".

Le M23 est constitué d'ex-combattants de la rébellion tutsi congolaise du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), intégrés dans les FARDC dans le cadre d'un accord de paix avec Kinshasa signé le 23 mars 2009. Le CNDP était soutenu par le Rwanda.

Les mutins, qui réclament la pleine application de ces accords, ont commencé à faire défection en avril au Nord et au Sud-Kivu.

Le regain de violences au Nord-Kivu a provoqué le déplacement de 220.000 personnes entre avril et juin, dont 100.000 dans le territoire de Rutshuru, et quelque 30.000 autres se sont réfugiées en Ouganda et au Rwanda.

bur-epe/efr

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