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RDC: des habitants pris entre mutins et tirs de l'ONU et de l'armée

12/07/2012 03:11 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

"Nous ne savons pas comment nous allons vivre. D'un côté il y a les mutins, de l'autre les bombardements": jeudi dans l'est de la République démocratique du Congo, des femmes ont essuyé les tirs des hélicoptères de l'ONU et de l'armée contre les positions des mutins.

"Nous nous sommes cachées dans la bananeraie quand les hélicoptères ont bombardé. Il y a une personne avec nous qui est morte sur le coup, touchée par des éclats des tirs", raconte à l'AFP l'une des femmes du groupe, un gros sac de haricots sur le dos.

Ces paysannes sont venues jusqu'à Rumangabo, à une cinquantaine de kilomètres de Goma, la capitale de la province du Nord-Kivu, dans l'est de la RDC.

Elles se trouvaient dans leurs champs dans le parc des Virunga, près de la colline de Bukima, et de la localité de Nkokwe, cible des hélicoptères dont les tirs d'obus et de roquettes s'entendaient au loin jusqu'à Rumangabo.

Sur plusieurs collines verdoyantes, dans le sud-est du parc adossé au Rwanda et à l'Ouganda, où vivent des gorilles des montagnes, les mutins du Mouvement du 23 mars (M23) sont retranchés depuis mai et résistent aux tirs fréquents d'hélicoptères, de mortiers ou de blindés des Forces armées congolaises (FARDC).

"Il y a eu un raid d'hélicotères sur Bukima, notre poste de patrouille au bord du secteur des gorilles", a écrit sur son blog le responsable du parc des Virunga, Emmanuel de Mérode.

"C'est la première fois que nous voyons l'ONU et les militaires congolais dans une opération conjointe", ajoute-il en précisant qu'aucun membre de son personnel ne se trouvait actuellement à Bukima.

Les bases des mutins sont bordées à l'ouest par la route qui va de Rutshuru, à Rumangabo jusqu'à la capitale Goma, à 25 km au nord de laquelle l'ONU et les FARDC ont déployé des chars depuis mercredi, dans l'éventualité d'une attaque des rebelles.

Aucun soldat des FARDC ni de l'ONU n'était posté à Rumangabo, au moment de l'attaque des hélicoptères, en fin de matinée.

En revanche, 10 km plus au nord, à Rugari, une cinquantaine de militaires congolais bien armés étaient rassemblés sur la route, à côté de trois jeep kaki.

A proximité des soldats, se trouvaient quelques dizaines de civils, dont des enfants, qui venaient de fuir Rumangabo et portaient matelas sur la tête, casseroles et sac de vivres dans les bras.

Les attaques de jeudi sont intervenues après la prise le 6 juillet, par les mutins, de Bunagana, un poste-frontière avec l'Ouganda, après des combats contre les FARDC, puis deux jours plus tard de plusieurs localités dont Rusthuru (70 km au nord de Goma), cette fois sans rencontrer de résistance.

Dans la capitale provinciale, les taxis-motos étaient nombreux dans les rues et les commerces sont restés ouverts comme pendant une journée habituelle, a constaté un photographe de l'AFP.

Seuls signes visibles de tension: le passage régulier sur les artères principales de véhicules de la Mission de l'ONU en RDC (Monusco).

Peu après 13H30 locales (11H30 GMT) les trois hélicoptères de l'ONU, de retour de leur mission, sont venus se poser sur l'aéroport de Goma.

str-epe/aub

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