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PSA Peugeot Citroën annonce 8000 suppressions de postes en France

12/07/2012 11:33 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

PARIS - La direction de PSA Peugeot Citroën a annoncé jeudi la suppression de 8000 postes en France, dont un quart des effectifs de l'usine de Rennes, et la fermeture du site historique d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) en 2014, confirmant les craintes des syndicats lors d'un Comité central d'entreprise au siège du groupe automobile, à Paris.

Après l'annonce de ces suppressions d'emplois, le premier ministre Jean-Marc Ayrault a demandé au ministre du Redressement productif Arnaud Montebourg de préparer un plan de soutien à la filière automobile qui devrait être présenté en Conseil des ministres le 25 juillet.

«Personne ne sera laissé au bord du chemin», a assuré la mine grave le président du directoire de PSA Philippe Varin lors d'une conférence de presse, jeudi, alors que la direction doit présenter le détail des mesures d'accompagnement prévues, également le 25 juillet lors d'un CCE. Il a justifié ce plan par la situation économique du marché automobile, et du groupe qui selon lui perd actuellement «environ 100 millions d'euros par mois».

«Je mesure pleinement la gravité des annonces faites aujourd'hui ainsi que le choc et l'émotion qu'elles provoquent dans l'entreprise et dans son environnement», a-t-il dit, assurant que la direction avait «la volonté de mettre en oeuvre les mesures proposées dans le cadre d'un dialogue social exemplaire et dans le profond respect de nos valeurs».

Côté gouvernement, dans un communiqué diffusé jeudi, le premier ministre Jean-Marc Ayrault s'est dit «fortement interpellé par l'ampleur sans précédent du plan», qualifiant cette restructuration de «véritable choc pour tous les salariés du groupe, pour les territoires affectés par ces projets, et plus largement pour l'industrie automobile dans son ensemble».

«PSA s'est explicitement engagé à trouver une solution d'emploi pour chaque salarié. Le gouvernement s'attachera à vérifier la mise en oeuvre de cet engagement et sera attentif à ce que les solutions proposées soient crédibles et pérennes», ajoute M. Ayrault.

Il demande à la direction du groupe automobile «d'engager sans délai une concertation exemplaire, loyale et responsable avec les partenaires sociaux afin que toutes les alternatives que pourraient proposer les représentants des salariés et leurs experts puissent être étudiées et discutées, avec comme objectifs premiers la préservation durable de l'emploi et le maintien d'une activité industrielle sur tous les sites français».

Par ailleurs, le premier ministre demande à Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif, «de recevoir l'ensemble des parties concernées par ce plan de restructuration, et de présenter un plan de soutien à la filière automobile dès le Conseil des Ministres du 25 juillet».

Dans le détail, la direction a confirmé la fermeture de l'usine d'Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) où travaillent 3000 salariés, avec recentrage de la production de la région parisienne à Poissy (Yvelines), la suppression de 1400 postes sur 5600 à Rennes (Ille-et-Vilaine), et de manière plus générale la suppression de 3600 emplois dans les fonctions support, administration, soit un total de 8000 emplois.

«Ce n'est plus possible de continuer à perdre des emplois comme ça. Il faut qu'on se mette tous ensemble pour faire reculer le patronat», a déclaré le délégué syndical CGT de PSA Jean-Pierre Mercier, lors d'une interruption de séance du CCE.

«On ira jusqu'au bout! On ne va pas se laisser faire! C'est la garantie qu'on donne à la direction aujourd'hui», a-t-il lancé devant les journalistes, face au siège du groupe à Paris. «C'est un tsunami social, une déclaration de guerre!»

«C'est énorme, c'est un couperet!» a réagi Nadine Cormier secrétaire du syndicat FO du site PSA de Rennes La Janais. «En 2004, nous étions 12 000, aujourd'hui nous sommes 5600. Demain on va tomber à 4200: personne dans la région n'aurait pu imaginer cela (...) nos sous-traitants dans toute la région vont être impactés», a-t-elle déploré alors que l'industrie automobile représente 25 000 emplois en Bretagne.

Pour justifier son plan, la direction met notamment en avant dans un communiqué la «contraction durable des marchés européens» automobiles (-23 pour cent entre 2007 et 2012), et pour le groupe au premier semestre 2012 un résultat opérationnel courant de la division automobile estimé «en perte de l'ordre de 700 millions d'euros».

Un CCE est prévu le 25 juillet pour détailler les mesures d'accompagnement. «On va voir ce qu'il y aura à négocier. Il y aura des mesures de départs volontaires», a déclaré Pierre Contesse, un délégué syndical FO présent jeudi devant le siège du groupe à Paris. «Si la direction annonce des choses plus dures, je pense que ça va être chaud.»

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