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Ouverture du congrès du parti islamiste au pouvoir en Tunisie

12/07/2012 05:45 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

Le mouvement au pouvoir en Tunisie, Ennahda, a ouvert jeudi son premier congrès dans le pays depuis 1988, un événement public qui vise à ancrer le parti dans un islamisme politique "modéré", selon son chef historique Rached Ghannouchi.

La conférence s'est ouverte sur une lecture de versets du coran.

Ennahda, le plus grand parti politique de Tunisie, violemment réprimé par le président déchu Zine El Abidine Ben Ali à l'issue de la révolution de 2011, table sur quelque 25.000 à 30.000 participants à ce congrès organisé au Kram, une banlieue de Tunis.

"Voilà, après quarante ans de prison et d'exil, nous sommes réunis", a lancé devant la foule un responsable du parti et premier orateur Riadh Chaïbi.

"Nous rendons hommage aux martyrs du mouvement qui nous ont quittés en militant pour notre cause", a-t-il dit, avant de saluer aussi la mémoire des "martyrs de la révolution" tunisienne.

Le palais des expositions où se tient le congrès a servi, clin d'oeil voulu ou non, sous l'ancien régime à quelques réunions du parti de Ben Ali, liquidé depuis, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).

La grande salle du congrès, pouvant accueillir quelque 10.000 personnes selon les organisateurs, était comble. Des milliers d'autres étaient réunis dans différents halls du palais des expositions pour suivre sur des écrans de télévision les discours.

A l'entrée du chef du parti des milliers de personnes se sont levées, entonnant un chant du parti: "Sous la protection de Dieu et pour notre religion / Nous irons main dans la main / Tels des lions, nous ne craignons rien".

Des invités de marque étaient présents comme Khaled Mechaal, président du bureau exécutif du mouvement islamiste palestinien Hamas. Il a été chaleureusement accueilli pour la foule qui criait les slogans "Le peuple veut libérer la Palestine" et "Gaza, symbole de la dignité".

Les militants d'Ennahda ont aussi lancé des appels au départ du président syrien Bachar al-Assad, criant "Bachar, dégage" en soutien à la révolte réprimée dans le sang en Syrie.

Ce congrès, qui doit durer jusqu'à dimanche, vise à fixer la stratégie politique et sociale d'Ennahda et à élire sa nouvelle direction. Plus de 1.100 délégués sont appelés à se prononcer.

Pour Rached Ghannouchi, qui devrait sauf surprise rester à la tête du parti, le congrès doit "ancrer Ennahda en tant que mouvement islamiste modéré, ouvert, porté sur les préoccupations des Tunisiens et des Tunisiennes", a-t-il dit dans un entretien publié cette semaine.

Le parti, traversé par différents courants, des modérés aux tenants d'une ligne idéologique plus radicale, doit aussi se prononcer sur ses alliances politiques.

Il devrait adouber la coalition formée avec deux partis de centre-gauche, le Congrès pour la république (CPR) du chef de l'Etat Moncef Marzouki et Ettakatol du président de l'Assemblée nationale constituante, Mustapha Ben Jafaar.

Selon M. Ghannouchi, cette union a prouvé sa "solidité". Elle a pourtant été traversé par des tensions et des crises ses dernières semaines.

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