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Les autorités palestiniennes hésitent à exhumer la dépouille de Yasser Arafat

12/07/2012 06:32 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

RAMALLAH, Territoire palestinien - Dans un apparent revirement, les enquêteurs palestiniens qui tentent de faire la lumière sur la mort de Yasser Arafat ont affirmé jeudi qu'ils voulaient analyser les rapports du laboratoire suisse avant de décider d'exhumer la dépouille de l'ancien leader palestinien.

Plus tôt cette semaine, un haut responsable de la Cisjordanie avait pourtant annoncé que la décision d'exhumer le corps avait été prise.

La semaine dernière, l'Institut de radiophysique, en Suisse, a annoncé avoir découvert des traces importantes et inexpliquées d'un agent radioactif, le polonium 210, sur des vêtements et des effets personnels utilisés par Yasser Arafat peu avant sa mort, le 11 novembre 2004, dans un hôpital militaire de Paris.

Les résultats du laboratoire ont été présentés dans le cadre d'un reportage de la chaîne Al-Jazira, réalisé en collaboration avec la veuve d'Arafat, Souha. Le laboratoire a indiqué que ses résultats n'étaient pas concluants et que des tests sur les restes de Yasser Arafat seraient nécessaires pour en savoir plus.

Depuis la mort du leader palestinien, plusieurs responsables palestiniens ont affirmé qu'il avait été empoisonné par Israël, ce que les autorités israéliennes ont toujours nié.

Mener des tests sur la dépouille de Yasser Arafat est la seule façon de savoir s'il a été empoisonné, mais certains experts estiment qu'il est peut-être trop tard pour obtenir des réponses concluantes.

Plus tôt cette semaine, un haut responsable palestinien, Saeb Erekat, avait annoncé que le président de l'Autorité palestinienne, Mahmoud Abbas, avait décidé d'exhumer la dépouille de Yasser Arafat et qu'il inviterait une équipe du laboratoire suisse à se rendre en Cisjordanie pour mener des tests.

Mais jeudi, un membre du comité palestinien mis sur pied pour enquêter sur la mort d'Arafat a laissé entendre que la décision finale d'exhumer la dépouille n'avait pas encore été prise.

Dans une volonté de transparence, le comité a aussi rendu public un rapport médical de 116 pages qui relate les derniers mois de la vie de Yasser Arafat.

Les notes des médecins du leader palestinien appelés à son quartier général de Ramallah indiquent qu'il a commencé à se sentir mal le 11 octobre 2004, quand il a vomi deux heures après le souper. À ce moment, les médecins pensaient qu'il souffrait d'une gastro-entérite virale.

Son état s'est détérioré au cours des 18 jours suivants, alors qu'il continuait de vomir et qu'il se plaignait de souffrir de la diarrhée. Il a reçu une transfusion de plaquettes sanguines. Le 29 octobre, il a été transporté en France, où il est mort près de deux semaines plus tard.

Les médecins français ont affirmé qu'il avait succombé à une attaque vasculaire cérébrale massive et qu'il souffrait d'un trouble sanguin, la coagulation intravasculaire disséminée (CID).

Les rapports médicaux ne sont pas concluants sur la cause de ce trouble sanguin, qui peut avoir plusieurs causes possibles, notamment des infections et des maladies du foie.

Les restes de Yasser Arafat se trouvent dans un mausolée située à la Mouqataa, le quartier général de l'Autorité palestinienne à Ramallah, en Cisjordanie.

Le ministre palestinien de la Justice, Ali Mohanna, membre du comité qui enquête sur la mort d'Arafat, a déclaré jeudi lors d'une conférence de presse que le comité voulait d'abord analyser le rapport du laboratoire suisse. Après cette revue, «nous déciderons du type de tests que nous devrons mener», a-t-il indiqué.

Nasser al-Kidwa, neveu de Yasser Arafat et gardien de son héritage, a contacté le laboratoire dans l'espoir d'obtenir les rapports complets des tests, a précisé M. Mohanna.

Le ministre n'a pas expliqué les raisons de ce revirement. Une autopsie de la dépouille pourrait heurter les sensibilités des Palestiniens conservateurs, mais en même temps, l'Autorité palestinienne fait face à de fortes pressions intérieures pour enquêter sur les nouvelles informations au sujet de la cause du décès.

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