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Le Kivu, au coeur des tensions dans la région des Grands Lacs

12/07/2012 09:05 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

La région du Kivu, dans l'est de la République démocratique du Congo (RDC), riche en minéraux, constitue le principal foyer de conflits du pays et de tensions dans la région des Grands Lacs africains.

Frontalier du Rwanda, du Burundi, de l'Ouganda et de la Tanzanie, le Kivu s'est trouvé au coeur des tragédies de la région: rivalités communautaires et politiques, conflits fonciers, exodes massifs des réfugiés rwandais en 1994 - près d'un million -, présence de milices tribales, de miliciens rwandais hutu et de rebelles burundais et ougandais.

La région, composée des provinces des Nord et Sud-Kivu, est riche en ressources naturelles, principalement minières, notamment des minerais rares, mais aussi agricoles. C'est dans cette région que se sont réfugiés des rebelles rwandais hostiles au régime de Kigali.

Les tensions sont très fortes dans le Kivu, où se sont installées progressivement, depuis le 18e siècle, d'importantes communautés issues de vagues successives d'émigration de Tutsi et de Hutu rwandais.

Au début des années 1980, le régime de Mobutu Sese Seko a instrumentalisé la question de la nationalité pour marginaliser ces populations d'origine rwandaise.

Les guerres de 1996-1997 et de 1998-2003 ont commencé dans le Kivu. Plusieurs mutineries depuis la fin de la deuxième guerre ont impliqué des soldats congolais tutsi.

A deux reprises, en 1996-1997 et entre 1998 et 2002, le Rwanda a envoyé des troupes et soutenu des rebelles, justifiant ses opérations dans l'Est par des impératifs de sécurité liés à la présence de rebelles rwandais hutu, qu'il accuse d'avoir activement participé au génocide de 1994 contre les Tutsi (800.000 morts, selon l'ONU).

La guerre a favorisé la formation de multiples groupes armés locaux tandis que les rebelles hutu rwandais, supplétifs des forces gouvernementales congolaises pendant la guerre, se sont regroupés en 2001 au sein des Forces démocratiques de libération du Rwanda (FDLR).

En 2007 et 2008, le Nord-Kivu a été le théâtre d'affrontements entre l'armée et des soldats insurgés ralliés à l'ex-général tutsi congolais Laurent Nkunda. A la tête de la rébellion du Congrès national pour la défense du peuple (CNDP), soutenue par le Rwanda, Nkunda a mis en déroute l'armée dans le Nord-Kivu en 2008 et menacé de prendre Goma, la capitale du Nord-Kivu.

Début 2009, à la suite d'un retournement d'alliance, les armées congolaise et rwandaise ont lancé une opération sans précédent contre les rebelles des FDLR, alors que Nkunda était arrêté au Rwanda.

Depuis fin avril, le Nord-Kivu est en proie à une mutinerie d'ex-membres du CNDP, intégrés dans l'armée dans le cadre d'un accord avec Kinshasa signé le 23 mars 2009. Le Rwanda a été pointé du doigt à la suite d'un rapport de l'ONU affirmant que de hauts responsables militaires rwandais soutenaient les mutins du M23.

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