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Le cycliste Rémy Di Grégorio est mis en examen sous contrôle judiciaire

12/07/2012 03:54 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

MARSEILLE, France - Le coureur de l'équipe Cofidis Rémy Di Grégorio, 26 ans, et un naturopathe de 75 ans ont été présentés jeudi devant le juge Annaïck Le Goff, en charge de l'affaire de dopage présumé en marge du Tour de France.

Tous les deux ont été mis en examen, a-t-on appris de source judiciaire.

Le coureur est poursuivi pour «détention de substance ou de procédé dopant interdit sans justification médicale». Il a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de rencontrer les autres personnes entendues dans le dossier.

Le naturopathe a pour sa part été mis en examen pour «administration à un sportif de substance ou précédé interdit» et «exercice illégal de la médecine en récidive». Il a été placé sous contrôle judiciaire contre le versement d'un cautionnement de 50 000 euros et interdiction de quitter le territoire français.

Lors d'une conférence de presse qui s'est tenue jeudi matin, le procureur de la République de Marseille Jacques Dallest avait indiqué qu'il avait demandé la mise en examen du coureur. Le parquet de Marseille avait réclamé le placement sous contrôle judiciaire de Di Grégorio, assorti d'un cautionnement de 20 000 euros.

À l'encontre du naturopathe, le procureur avait requis le placement en détention. Une somme de 26 000 euros a également été saisie au domicile marseillais du naturopathe.

«À tous ceux qui me soutiennent, je peux dire que je peux encore me regarder dans une glace», a déclaré Di Grégorio à sa sortie du palais de justice de Marseille.

«Je ne me suis jamais dopé», a-t-il insisté.

«On ignore quelle est la frontière entre une préparation physique performante et le dopage. Ce sont les expertises qui le détermineront, a noté son avocat Dominique Mattei. On n'a aucune certitude qu'il y ait eu des produits dopants.»

Di Grégorio avait été interpellé par les gendarmes mardi matin dans son hôtel de Bourg-en-Bresse (Ain) en marge du Tour de France. Il était depuis en garde à vue.

L'enquête menée depuis un an a démontré que le coureur avait subi deux injections d'ozone, un prélèvement sanguin suivi d'une réinjection de sang enrichi, ainsi qu'une injection de glucose au cours des deux mois qui ont précédé le début du Tour de France.

La circonstance aggravante de «bande organisée» n'a pas été retenue. Un seul coureur est pour l'heure concerné. La nature des produits qui ont été saisis à Bourg-en-Bresse est actuellement en cours d'analyse. En l'état de l'enquête, on ignore s'il s'agit ou non de produits dopants.

«Pour l'heure, nous sommes face à des méthodes dopantes interdites et non face à des produits dopants en tant que tels», avait indiqué Dallest jeudi matin, en faisant référence aux deux textes qui prohibent les substances et méthodes utilisées, un décret du 23 décembre 2011 et un arrêté du 5 juin 2012.

«Le coureur connaît bien la législation. Il joue sur les quantités. Il y a beaucoup de zones d'ombre et de choses incohérentes dans ses déclarations», a commenté le colonel Jacques Diacono, qui commande la Section de recherches de la gendarmerie de Marseille, en charge de l'affaire.

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