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La sécurité des oléoducs en Alberta inquiète de plus en plus de gens

12/07/2012 05:46 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

EDMONTON - Les appels à une évaluation indépendante de la sécurité des oléoducs en Alberta se font plus pressants, certains faisant valoir une urgence encore plus grande depuis l'enquête américaine qui a vertement critiqué les opérations de nettoyage au Michigan d'un déversement pétrolier majeur d'une entreprise de Calgary.

«S'il n'y a toujours pas de règles strictes pour s'assurer que nos oléoducs sont sécuritaires, alors les gens n'accepteront pas que les oléoducs passent chez eux», a avancé Bill Moore-Kilgannon, du groupe Public Interest Alberta.

L'organisation militante de gauche est l'un des 54 signataires d'une lettre dévoilée jeudi appelant la première ministre albertaine, Alison Redford, à se pencher sérieusement sur la sécurité de telles installations. Cette nouvelle missive fait plus que tripler le nombre de noms liés à un appel semblable lancé à la fin juin.

Les environnementalistes occupent la plus grande part de cette contestation. Les organisations vont du groupe local Davey Lake Group à des géants mondiaux tels que Greenpeace et le World Wildlife Fund. Des groupes de défense des droits des propriétaires fonciers en Alberta sont aussi bien représentés.

Des syndicats du secteur public, incluant le syndicat des employés provinciaux de l'Alberta et celui des infirmières, sont sur les rangs, de même que des représentants de premières nations et d'organisations de santé publique.

«Le temps d'une preuve de leadership sur la sécurité des oléoducs est arrivé, et la première étape doit être une évaluation indépendante», lit-on dans la lettre ouverte adressée à Mme Redford.

Plus tôt cette semaine, l'Office américain de la sécurité des transports a comparé la manière dont la société de Calgary Enbridge (TSX:ENG) a géré une fuite au Michigan aux «Keystone Kops», ces policiers incompétents, vedettes des comédies burlesques du cinéma muet américain. L'office indique également que la compagnie a laissé le pétrole envahir la rivière Kalamazoo et les milieux humides qui l'entourent pendant 17 heures avant de stopper la fuite.

Avec des projets majeurs en discussions pour faire transiter le pétrole des sables bitumineux tant aux États-Unis que par la Colombie-Britannique, M. Moore-Kilgannon a fait valoir que l'Alberta ne pouvait pas se permettre de telles défaillances.

«Ce n'est pas une bonne image pour l'Alberta et pour les entreprises établies en Alberta, a-t-il soutenu. Il est dans notre intérêt à tous de faire une évaluation (de la sécurité), que la première ministre s'y engage maintenant.»

Trois déversements d'oléoducs sont survenus dans les dernières semaines en Alberta. À la fin mai, 3,5 millions de litres de pétrole et d’eau salée se sont écoulés à environ 20 kilomètres au sud-est de la communauté de Rainbow Lake, dans le nord de la province.

Mme Redford a déjà affirmé ne pas vouloir prendre de décision sur une évaluation indépendante avant que la Commission chargée de l'économie des ressources énergétiques n'ait complété ses enquêtes.

Jeudi, la ministre de l'Environnement, Diana McQueen, a affirmé que le gouvernement de l'Alberta allait attendre spécifiquement le rapport sur la fuite d'un oléoduc de Plains Midstream Canada dans la rivière Red Deer, début juin, avant de déterminer si une évaluation plus large est nécessaire.

Mais la commission provinciale prend en moyenne neuf mois pour finaliser ses dossiers, a argué Mike Hudema, de Greenpeace. «Selon notre taux moyen de déversement, cela signifie que l'on peut s'attendre à 484 déversements avant que la première ministre ne décide de lancer cette évaluation. Cela n'est tout simplement pas acceptable.»

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