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JO-2012 - Inde: un nain sportif en quête de résultats

12/07/2012 07:01 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

Plus grande démocratie du globe, puissance économique, l'Inde est un nain sur l'échiquier sportif avec une seule médaille d'or individuelle aux jeux Olympiques, mais le pays a mis les moyens pour renverser la tendance, et ce dès les JO de Londres.

Avec une médaille d'or et deux de bronze en 2008 à Pékin, les JO avaient paradoxalement été un succès pour l'Inde. Avant Abhinav Bindra, champion olympique à la carabine à 10 m, seule l'équipe indienne de hockey sur gazon s'était illustrée aux JO, avec huit médailles d'or de 1928 à 1980.

"Le sport n'était pas, et ne pouvait pas être, une priorité dans un pays en développement comme le nôtre", explique à l'AFP l'ancien capitaine de l'équipe indienne de hockey sur gazon, Viren Rasquinha: "Participer aux Jeux était déjà un exploit en soi".

"Mais ce n'est plus le cas, les fonds investis par le gouvernement et le secteur privé permettent désormais à nos sportifs de s'entraîner dans les meilleures conditions", assure M. Rasquinha, directeur exécutif de Olympic Gold Quest ("Chasse à l'or olympique"), un programme financé par le secteur privé et mis en place en 2001.

"Les médailles gagnées à Pékin ont été un catalyseur", assure-t-il. Et le gouvernement a dégagé 50 millions de dollars pour son équipe olympique à Londres, soit 10 fois plus que les fonds investis en 2000 pour les Jeux de Sydney.

Résultat: l'Inde a signé de belles performances aux Jeux du Commonwealth 2010 à New Delhi, terminant deuxième au tableau des médailles, derrière l'Australie mais devant l'Angleterre.

Mais le chemin sera long avant que l'Inde figure parmi les grandes puissances sportives, tant l'obsession nationale pour le sport est focalisée sur le cricket, un sport non olympique...

Avec le déclin de son équipe de hockey sur gazon depuis les années 80 -elle ne s'était même pas qualifiée à Pékin-, la délégation olympique indienne à Londres misera l'or sur des individualités comme Abhinav Bindra, encore lui, ou ses deux partenaires de tir, Gagan Narang (détenteur du record du monde à la carabine à 10 m) et Ronjan Sodhi (détenteur du record du monde du double trap), un Sikh de 31 ans.

Autre grands espoirs de médailles: Mary Kom, 29 ans, qui veut profiter de l'entrée de la boxe féminine au programme olympique pour enfin décrocher l'or, dans le sillage de ses cinq titres de championne du monde, ou encore Saina Nehwal, en badminton.

Abhinav Bindra, 29 ans, est bien placé pour savoir combien l'attitude détachée des autorités par rapport au sport a longtemps été un handicap.

Dans sa biographie récente, il raconte ainsi comment en 1996, à 13 ans, alors qu'il venait de signer un score parfait de 400 lors d'une compétition, les organisateurs de l'épreuve ont tout simplement refusé de ratifier son résultat, une telle performance n'ayant jamais encore été réalisée en Inde: "Leur esprit ne pouvait pas croire ce que leurs yeux avaient vu".

Significatif également: la paire de chaussures de tir qui lui avait été fournie par le Comité olympique indien avant les Jeux de Pékin, avec une chaussure gauche de taille 45 et une chaussure droite de taille 41...

Comme d'autres grands espoirs de médailles indiens, Abhinav Bindra est soutenu par la fondation mise en place par Mittal, le géant de l'acier indien, un des partenaires les plus importants de Olympic Gold Quest.

Lakshmi Mittal, l'un des hommes les plus riches du monde, avait versé de sa poche 10 millions de dollars dès 2004, pour promouvoir l'excellence sportive en Inde, après avoir assisté aux pitoyables performances de ses compatriotes aux Jeux d'Athènes.

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