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CORRIGÉ: Condamnée en Italie, une ex-agente de la CIA nie tout rôle dans un rapt

12/07/2012 08:31 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

Une ex-agente de la CIA, condamnée en Italie pour l'enlèvement en 2003 à Milan d'un imam égyptien soupçonné par les Etats-Unis de terrorisme, s'est pour la première fois défendue publiquement de toute implication, jeudi dans un entretien au Washington Post.

Sabrina de Sousa, 56 ans, a été condamnée en 2010 par contumace par la justice italienne avec 22 autres agents de la CIA à une peine allant de sept à neuf ans de prison pour l'enlèvement de l'imam égyptien Abou Omar, de son vrai nom Osama Hassan Nasr, un membre de l'opposition islamiste radicale réfugié en Italie.

Dans le cadre de la pratique des transfèrements secrets par la CIA de personnes soupçonnées de terrorisme vers des pays connus pour pratiquer la torture, il avait été enlevé dans une rue de Milan le 17 février 2003 au cours d'une opération coordonnée entre les services italiens (Sismi) et la CIA, puis transféré en Egypte, où il avait été torturé selon ses avocats.

Dans l'entretien accordé au quotidien à quelques jours d'une décision de la Cour de cassation italienne dans cette affaire, Sabrina De Sousa nie toute implication dans l'enlèvement.

"Je ne peux tout simplement pas décrocher le téléphone, appeler Washington et dire +Envoyez moi un avion+", se défend l'agente, démissionnaire en 2009. "Qui peut commander un avion comme cela? Cela doit être le ministère de la Défense, le chef de la CIA ou le département d'Etat".

Sabrina De Sousa refuse de dire si elle était au courant de l'opération.

Aujourd'hui, elle en veut à la CIA et au département d'Etat de ne pas l'avoir protégée en lui refusant l'immunité diplomatique. Elle a sans succès tenté de les poursuivre en justice en 2009. L'appel est en cours.

"On s'attend à être protégé, que l'organisation pour laquelle on travaille fera tout pour vous venir en aide", déplore-t-elle. "Quand des diplomates ou des militaires prennent des risques, ils attendent de leur propre gouvernement qu'il les protège".

En 2008, la CIA lui avait indiqué que "les activités de renseignement ne sont pas couvertes par l'immunité diplomatique".

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