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Campagne électorale: la CLASSE ne restera pas silencieuse et tranquille

12/07/2012 11:30 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

MONTRÉAL - La très militante CLASSE n'entend pas rester silencieuse ni tranquille durant la campagne électorale qui s'amorcera vraisemblablement bientôt, mais la forme que prendra son action n'est pas encore définie.

C'est en fin de semaine prochaine, lors d'un congrès à l'Université Laval, à Québec, que les contours de cette stratégie seront définis, ont fait savoir les coporte-parole de la CLASSE, Gabriel Nadeau-Dubois et Jeanne Reynolds, au cours d'une rencontre avec la presse, jeudi à Montréal, pour présenter leur nouveau manifeste.

En plus d'exposer ce manifeste, «Nous sommes avenir», qui va bien au-delà des droits de scolarité à l'université, les coporte-parole ont donné le détail de leur itinéraire des prochaines semaines, puisqu'ils visiteront plusieurs villes du Québec à la rencontre des citoyens.

La stratégie électorale de la CLASSE sera donc arrêtée samedi, mais une chose est acquise, le plus militant des regroupements d'associations étudiantes ne restera pas silencieux ni tranquille, ont prévenu Mme Reynolds et M. Nadeau-Dubois.

«La stratégie, pour le moment, elle n'est pas fixée. Mais ce qui est clair, c'est qu'on ne restera pas silencieux. Il y a des raisons pour lesquelles on trouve que le Parti libéral n'amène pas le Québec dans la bonne direction; ces raisons-là sont dans le manifeste. Et on va porter ce manifeste-là qu'il y ait campagne électorale ou pas. Mais, c'est certain que s'il y a campagne électorale, ça va prendre peut-être une couleur différente», a indiqué M. Nadeau-Dubois.

Il trouve par ailleurs «cynique» de voir le premier ministre Jean Charest déclencher une élection estivale bientôt, si tel est le cas.

«Il sait très bien que par le passé, son parti a été élu quand il y avait des bas taux de participation. C'est le pari qu'il prend. Espérons qu'il se fera prendre à son propre jeu. Depuis le début du conflit, la principale erreur de monsieur Charest, ça a été de systématiquement sous-estimer la force de la mobilisation», a commenté M. Nadeau-Dubois.

Il n'est cependant pas question que la CLASSE appuie un parti politique. «Il y a un principe à la CLASSE qui est fondamental, c'est celui de l'indépendance face aux partis politiques. C'est un principe qui est à l'origine de notre coalition et qui est une des principes sur lequel il est absolument inconcevable de faire des compromis», a souligné M. Nadeau-Dubois.

Le Parti québécois et Québec solidaire sont plutôt favorables aux positions étudiantes et leurs représentants arboraient généralement le carré rouge, symbole de la lutte étudiante.

Dans le cadre de leur tournée déjà prévue, les représentants de la CLASSE visiteront Sorel-Tracy le 13 juillet, Sherbrooke les 14 et 15, Saint-Jean-sur-Richelieu le 15, Granby les 20 et 21, puis Rimouski, Trois-Pistoles, Lachute, Baie Saint-Paul, Tadoussac et bien d'autres municipalités.

Dans le manifeste, la CLASSE se porte à la défense des droits des autochtones et des femmes, s'oppose à l'exploitation des gaz de schiste et critique le Plan Nord.

Par ailleurs, pour ce qui est de la poursuite ou non des grèves étudiantes dans les cégeps et universités, lors de la rentrée, il appartiendra aux assemblées générales des étudiants de décider, a fait savoir Mme Reynolds.

«Ce sera aux étudiants de prendre les décisions sur la poursuite (de la grève) et si, oui ou non, la Loi 78 sera respectée. Ce ne sera pas nous qui allons imposer un blocage des cégeps, des campus, vraiment pas, il faut mettre ça au clair», a-t-elle précisé.

Et pendant que des représentants de la CLASSE sillonneront le Québec, d'autres, dont Gabriel Nadeau-Dubois, visiteront des campus de l'Ontario pour partager les recettes de leurs succès avec le mouvement étudiant hors-Québec.

Dans le cadre de cette tournée ontarienne de neuf jours, amorcée jeudi à Ottawa, des représentants de la CLASSE visiteront ainsi Kingston, Hamilton, Windsor, Niagara, London, Guelph, Peterborough et Toronto.

Selon la présidente pour l'Ontario de la Fédération canadienne des étudiants, Sarah Jayne King, les organisateurs québécois offriront leurs conseils sur les stratégies à adopter pour lutter contre les hausses des droits de scolarité dans cette province où ils sont les plus élevés au pays.

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