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L'ambassadeur de Syrie en Irak fait défection et dénonce le régime Al-Assad

12/07/2012 07:52 EDT | Actualisé 11/09/2012 05:12 EDT

L'ambassadeur de Syrie en Irak, Naouaf Al-Fares, a fait défection et se joint au mouvement d'insurrection contre le président Bachar Al-Assad. Il s'agit de la deuxième défection d'importance pour le régime en une semaine, après celle du général Manaf Tlas.

M. Al-Fares a annoncé son changement d'allégeance jeudi sur les ondes du réseau Al-Jazira, devenant du coup le premier diplomate de haut rang à lâcher le président Al-Assad. Il se trouve maintenant au Qatar, a fait savoir jeudi le ministre irakien des Affaires étrangères, Hochiar Zebari.

« Je déclare que j'ai rejoint, à compter de cet instant, les rangs de la révolution du peuple syrien », a annoncé Naouaf Al-Fares dans une vidéo. « Je demande [...] aux membres de l'armée de rejoindre la révolution et de défendre le pays et ses citoyens. [...] Tourner vos armes contre les criminels de ce régime. »

« Chaque homme syrien doit se joindre à la révolution pour remplacer ce cauchemar et cette bande », a encore dit M. Al-Fares, qui accusent la famille Assad et ses alliés d'être corrompus et de « détruire la société » depuis 40 ans.

Le ministère syrien des Affaires étrangères a réagi en déclarant que Naouaf Al-Fares « a été relevé de ses fonctions et n'a plus aucun lien avec notre ambassade à Bagdad ou le ministère. » « L'ambassade en Irak continuera de fonctionner normalement », ajoute Damas.

À l'instar de Manaf Tlas, Naouaf Al-Fares est issu de la majorité sunnite. Dignitaire de la tribu Ogeïdat, alliée de longue date de la minorité alaouite dont Assad est issu, il est originaire de Deir Ezzor, grande ville de l'est du pays où la révolte populaire a été durement réprimée par les forces de sécurité.

Il travaillait pour le régime syrien bien avant que Bachar Al-Assad ne succède à son père, en 2000. Nommé ambassadeur à Bagdad en 2008, il avait pour mission de renouer les liens bilatéraux, rompus dans la foulée de l'arrivée au pouvoir de Saddam Hussein, en 1979.

« Ce n'est que le début d'une série de défection au niveau diplomatique », a avancé Mohamed Sermini, membre du Conseil national syrien, principale coalition d'opposants au président Assad. « Nous sommes en contact avec plusieurs ambassadeurs. »