NOUVELLES

Tunisie: le parti au pouvoir veut être "un mouvement islamiste modéré" (chef)

11/07/2012 06:57 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Le parti islamiste Ennahda, qui domine le gouvernement en Tunisie, veut s'imposer en "mouvement islamiste modéré" lors de son Congrès cette semaine, a déclaré son chef, Rached Ghannouchi, dans un entretien publié mercredi par le journal tunisien en ligne Leaders.

"La plus importante (dimension du Congrès du 12 au 15 juillet) est sans doute celle d'ancrer Ennahda en tant que mouvement islamiste modéré, ouvert, porté sur les préoccupations des Tunisiens et des Tunisiennes, concentré sur la réalisation de leurs ambitions, un projet islamiste d'Ennahda prometteur d'espoir et de prospérité", a-t-il dit.

M. Ghannouchi, qui n'a aucune fonction officielle mais qui est considéré comme très influent, a par ailleurs salué "la solidité" de la coalition au pouvoir formée par Ennahda et deux partis de centre-gauche, le Congrès pour la république et Ettakatol.

"Un gouvernement de coalition, et qui plus est dans le contexte actuel d'une Tunisie en transition, n'est pas facile à conduire", a-t-il reconnu, les partenaires au sein du gouvernement s'étant opposés sur plusieurs dossiers.

A ce titre, il a jugé que l'opposition et les médias ont jeté de l'huile sur le feu certains poussant vers "l'explosion de la situation".

"La ligne générale était d'encourager les sit-in, voire de pousser à l'explosion de la situation, avec des médias, dans l'ensemble, alignés aux côtés de l'opposition, au lieu de faire prévaloir leur devoir de neutralité et d'indépendance", a jugé M. Ghannouchi.

Enfin, il a estimé que les salafistes, à l'origine de violences début juin, avaient sans douté été utilisés par les tenants du régime du président déchu Zine El Abidine Ben Ali.

"Sans doute les résidus de l'Ancien régime et parmi eux des hommes d'affaires qui disposent d'importants moyens, ce sont eux qui ont essayé d'utiliser certaines factions salafistes extrémistes pour en faire l'élément détonant qui a fourni l'explosion", a-t-il affirmé.

Il a par ailleurs jugé que dialoguer avec les salafistes était nécessaire pour éviter toute dérive, alors que son parti a été accusé d'être trop conciliant.

"Les salafistes constituent une partie de la réalité du pays. Ou on parie sur leur retour dans les rangs de la nation, ou on opte pour les anciennes méthodes de Ben Ali fondées sur l'oppression, la torture, l'emprisonnement", souligne le chef d'Ennahda.

"Les chasser et les pourchasser ne fera qu'augmenter leur exclusion et radicaliser leur engagement", juge-t-il.

alf/sw

PLUS:afp