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Tunisie: des salafistes au secours des familles de Tunisiens détenus en Irak

11/07/2012 10:45 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Des salafistes se sont joints mercredi à un mouvement des parents de 22 Tunisiens détenus en Irak manifestant contre l'"incapacité" du gouvernement à rapatrier leurs proches, selon un journaliste de l'AFP.

"Personne ne nous écoute, ces jeunes sont venus nous aider", lâche Saliha Medini, reconnaissante au groupe de jeunes, en kamis et barbe, qui encadrent un sit-in devant le ministère tunisien des Affaires étrangères.

Son fils, Mohamed, 26 ans, emprisonné à Bagdad est en attente de son jugement. Il s'était rendu en Irak en 2009 pour se joindre aux insurgés, indique cette femme.

"Mon fils a été gravement torturé, il est actuellement malade. Mais, comme celui de Ben Ali, ce gouvernement ne lève pas le petit doigt pour nous rendre nos enfants", affirme-t-elle.

Un drapeau, noir et blanc, des salafistes était accroché sur des tentes installées à côté du ministère pour abriter les protestataires de la chaleur caniculaire.

"Nous ne pardonnerons pas, vous êtes responsables de la vie de nos enfants", lit-on sur l'une des pancartes portées par les jeunes salafistes.

Selon le président de l'association des parents des prisonniers tunisiens en Irak, les salafistes présents ont eux-mêmes des proches détenus en Irak.

Outre le sort de son fils emprisonné à Tikrit (centre de l'Irak), Tahar Harzi, s'inquiète de la situation "très critique" selon lui d'un autre prisonnier malade détenu à Souleimaniyeh et craint pour quatre autres en jugement et passibles de la peine de mort.

"Nous avons été reçus par un responsable consulaire qui nous a promis d'intervenir rapidement", indique-t-il. Et d'ajouter dépité, "cela fait des mois que nous entendons le même son de cloche!".

"Nous avons frappé à toute les portes, y compris celle du chef du gouvernement, mais aucun haut responsable ne veut épouser notre cause, compatir avec nos souffrances", affirme ce septuagénaire.

"Ce gouvernement a failli à ses responsabilités", renchérit Youssef Hammami, en colère contre les "promesses non tenues, des paroles en l'air". Il est sans nouvelles de son fils Mohamed, 30 ans, détenu à Nassiriya, au sud de Bagdad.

En novembre 2011, le Tunisien Yousri al-Tariki condamné à mort en Irak pour sa participation à un attentat contre le mausolée de Samarra en 2006, a été exécuté, les autorités irakiennes ayant ignoré une demande de grâce de la présidence tunisienne.

Bsh/hj

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