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Tour de France - Voeckler: "Je fais du vélo pour la victoire"

11/07/2012 12:43 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Vainqueur pour la deuxième fois de la saison après son succès en avril à la Flèche Brabançonne, le Français Thomas Voeckler a souligné qu'il faisait du vélo pour gagner, mercredi, après l'arrivée de la 10e étape du Tour à Bellegarde-sur-Valserine.

Q: Racontez nous la course...

R: "Il y a eu trois stades. D'abord, la formation de l'échappée, j'ai eu un bon coup de main de Yukiya (Arashiro) dans la vallée et au pied du Grand Colombier. Dans la montée, j'ai vu que j'avais de bonnes jambes quand Scarponi a attaqué. J'ai pu suivre et j'ai voulu assurer le maillot à pois. Dans l'ascension, j'avais dit aux autres: 'Je veux bien faire la plus grosse part du travail mais les points sont pour moi en haut'. Sur la fin, j'avais l'impression d'être plus surveillé qu'un autre, que Devenyns par exemple. Quand il a attaqué, si c'est sur la plat, il va à la victoire. Après, quand les autres ont fait un effort, mon directeur sportif m'a dit 'sacrifie-toi, il ne faut pas avoir de regret'. Je n'ai cru à la victoire qu'à cinq mètres de la ligne, tellement c'était dur. Je n'ai même pas eu la force de lever les bras à cause de la douleur. Je me suis vraiment sorti les tripes comme on dit."

Q: Souffrez-vous toujours de votre genou ?

R: "Je sais que ça fait parler, que ça agace peut-être, mais je ne vais pas dire que je n'ai pas eu mal, que je n'ai rien senti puisque ce n'est pas le cas. Depuis l'étape de La Planche des Belles Filles, je bénéficie de mes deux jambes, ce qui n'était pas le cas auparavant. Aujourd'hui, j'ai eu mal dans la dernière descente quand ça s'est refroidi un peu. Je me suis forcé à pédaler, je ne voulais pas le montrer aux autres. C'est douloureux par moments mais je ne me plains surtout pas avec tout ce que j'ai vécu aujourd'hui."

Q: Cela peut-il avoir des conséquences pour le Championnat du monde, une course qui vous tient à coeur (en septembre) ?

R: "Je ne pense pas. Si c'était un mal tendineux, je ne pourrais pas pédaler comme je l'ai fait. C'est une douleur ponctuelle, qui me lance de temps en temps, pas une douleur croissante au fil de l'étape. Ca va passer avec le temps mais, c'est certain, je ne mettrai pas ma carrière et ma santé en danger, même pour le Tour. C'est difficile d'être raisonnable quelquefois mais, là, ce n'est pas le cas. Je n'ai pas le sentiment de prendre des risques."

Q: Le maillot à pois est-il un objectif désormais ?

R: "Je savais ce matin qu'il était possible de prendre ce maillot. Mais j'ai 26 points et, après le premier col de la prochaine étape, le premier coureur empochera 25 points. Donc, c'est un objectif mais je reste humble, modeste. A Paris, c'est 180 points qu'il faudra pour avoir le maillot à pois."

Q: Est-ce une revanche après la polémique d'avant-Tour (ouverture d'une simple enquête préliminaire concernant le possible usage de corticoïdes lors du Tour 2011) ?

R: Je suis obligé d'y penser un peu, ça m'a énormément blessé. Ce n'est pas une revanche mais une petite part de réponse qui passe bien après les autres sentiments de bonheur, de satisfaction, que j'ai pu ressentir en franchissant la ligne. Je fais du vélo pour la victoire. Ce que j'ai vécu l'an dernier, c'est magnifique mais ce n'est pas comparable. Ce que j'aime dans le vélo, c'est la gagne."

Recueilli en conférence de presse.

jm/bvo

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