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Tour de France - Thomas Voeckler, héros français

11/07/2012 03:02 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

De son Alsace natale à la Vendée, sa terre d'adoption, en passant par les Antilles où il a grandi et les routes de France qu'il a arpentées, Thomas Voeckler est devenu le porte-drapeau du cyclisme français... et bien plus encore.

Le grand public a découvert Voeckler en 2004 quand le champion de France de 25 ans a revêtu le maillot jaune pour la première fois. Il s'est pris de passion pour lui en le voyant se démener pour le conserver dix jours durant.

En haut du plateau de Beille (Ariège, sud-ouest), il l'avait sauvé pour vingt secondes, au prix d'énormes efforts, franchissant la ligne d'arrivée maillot ouvert, poing brandi et sourire de gamin aux lèvres moins de cinq minutes derrière Lance Armstrong, en route vers la sixième de ses sept victoires dans le Tour.

"Dépassé" --il l'avoue lui-même-- par cette subite notoriété, il n'a renoué avec la lumière sur le Tour qu'en 2009 et 2010, avec deux victoires d'étapes à Perpignan et Luchon.

Puis l'an dernier, la France a rechuté dans la +Voecklermania+ lors de son épopée de dix jours en jaune, rêvant d'une première victoire française depuis 1986 jusqu'à l'avant-dernier jour. Il termine finalement au pied du podium (4e). Mais il est devenu une personnalité, même au-delà du vélo.

"J'ai eu des propositions cocasses: jury dans un concours de miss, parrain d'une course hippique...", racontait-il avant le Tour, en évoquant également "des sollicitations pour la campagne présidentielle, de gauche comme de droite".

Le public s'est pris de sympathie pour ce coureur au gabarit modeste mais pugnace, qui a forgé sa persévérance dans sa jeunesse.

Né dans la banlieue de Strasbourg, il quitte la métropole à l'âge de six ans pour la Martinique où s'installent son père, psychiatre passionné de voile, et sa mère médecin, anesthésiste. C'est là que celui que ses amis surnomment "Ti-Blanc" (petit blanc en créole), se prend de passion pour le vélo. Il aura son premier vélo à 13 ans. Peu après, son père disparaît en mer.

"Aller loin dans la douleur physique, c'était une manière de combattre la tristesse qui m'habitait. Ca a été le cas jusqu'à mes débuts professionnels, estime-t-il. La façon dont je me comporte sur un vélo est liée aux conditions dans lesquelles j'ai débuté".

A son retour en France à 17 ans, la maturité de "Ti-Blanc" séduit Jean-René Bernaudeau, qui l'intègre dans sa pépinière en Vendée (ouest). Il restera fidèle à son manager et à la Vendée, où il a élu domicile et fondé une famille.

Des équipes de jeunes à ses titres de champion de France 2004 et 2010, il affirme son profil de coureur baroudeur, avec un sens inné de la course qui s'étoffe avec l'expérience des années.

"C'est un fabuleux coureur, il est l'âme de cette équipe, le leader emblématique. Ce Thomas, il est unique !", ne tarit pas d'éloges Jean-René Bernaudeau. "Il pue le vélo, il adore ça", ajoute le directeur sportif Andy Flickinger, en référence à sa science tactique.

"Je fais du vélo pour la victoire. Ce que j'aime dans le vélo, c'est +la gagne+", affirme le vainqueur de Bellegarde-sur-Valserine. Et ce qu'aime le public français, c'est le voir gagner.

sva/jm/bvo

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