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Syrie: les Occidentaux veulent une "menace claire de sanctions" à l'ONU (diplomates)

11/07/2012 03:39 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Européens et Américains vont présenter rapidement au Conseil de sécurité une résolution comportant une "menace claire de sanctions" si Damas n'applique pas le plan de paix de Kofi Annan, a indiqué mercredi l'ambassadeur britannique à l'ONU Mark Lyall Grant.

Devant la presse, son homologue français Gérard Araud a indiqué que le texte ouvrirait "la possibilité" de sanctions, tandis que l'ambassadrice américaine Susan Rice avertissait qu'il devait y avoir des "conséquences claires en cas de non respect" du plan.

Ce projet de résolution sera présenté "dans les heures qui viennent", a précisé M. Araud. Il "ouvrira la possibilité que des sanctions soient adoptées sous chapitre VII (de la charte de l'ONU) pour mettre en oeuvre" le plan de l'émissaire de l'ONU et de la Ligue arabe Kofi Annan et l'accord de Genève prévoyant une transition politique en Syrie.

Les diplomates ont précisé qu'il s'agissait de faire pression sur les deux parties en conflit, pouvoir et opposition, mais en priorité sur le gouvernement syrien.

Il ont fait valoir que c'est Kofi Annan lui-même qui a demandé au Conseil de faire monter la pression après 16 mois de crise. Le médiateur s'est adressé mercredi au Conseil pour lui rendre compte de ses récentes visites à Damas, Téhéran et Bagdad.

"Nous devons donner à M. Annan les moyens de faire pression sur les parties afin que dans les jours qui viennent les parties, notamment le gouvernement syrien, mettent enfin en oeuvre" leurs engagements, a ajouté M. Araud.

Il a jugé insuffisant le projet de résolution déposé séparément par la Russie, expliquant qu'il "ne donne pas à M. Annan les moyens d'agir".

La Russie a soumis mardi à ses 14 partenaires du Conseil un texte qui prolonge de trois mois le mandat de la Mission de l'ONU en Syrie (Misnus) mais n'évoque pas la menace de sanctions.

Interrogé à ce propos, le réprésentant adjoint russe Igor Pankine a affirmé que le chapitre VII, qui prévoit la possibilité de sanctions pour forcer un pays à appliquer une résolution, "est le dernier recours et n'est pas un instrument très efficace dans beaucoup de cas".

La Russie et la Chine ont opposé leur veto à deux reprises à des projets de résolution menaçant de sanctions le régime de Bachar al-Assad depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.

avz/bar

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