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Projet annulé de centrale à Mississauga: le ministre de l'Énergie ignore tout

11/07/2012 02:12 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

TORONTO - Le ministre ontarien de l'Énergie, Chris Bentley, est resté vague, mercredi, lorsqu'on lui a demandé qui avait pris la décision d'annuler le projet de centrale électrique au gaz naturel à Mississauga à quelques jours du scrutin en Ontario, l'automne dernier.

Cette décision entraînera des coûts de 180 millions $, à l'heure où la province croule sous les déficits.

Témoignant mercredi devant un comité parlementaire, le ministre Bentley a déclaré que l'annonce avait été faite à l'époque par un communiqué de presse du Parti libéral, mais il n'a pas précisé si c'était le parti ou le premier ministre lui-même, Dalton McGuinty, qui avait eu le dernier mot dans ce dossier.

Le portefeuille de l'Énergie lui a été confié au lendemain des élections seulement, a-t-il plaidé, et il n'a pas pris part à cette décision.

Mardi, le ministre avait révélé que cette délocalisation coûterait 180 millions $ à la province.

La centrale, d'une capacité de 300 mégawatts, doit être déménagée près de Sarnia, sur le terrain d'une centrale au charbon. M. Bentley n'a pas été en mesure de préciser si les frais de ce déménagement seront refilés aux contribuables sur leur facture d'électricité.

La province de l'Ontario fait face à un déficit de 15 milliards $ pour l'année financière en cours, et les experts ne s'attendent pas à un retour à l'équilibre avant 2017.

Les deux partis d'opposition ont accusé les libéraux d'avoir annulé en 2011 le projet de centrale au gaz à Mississauga — en plus d'un autre à Oakville, en 2010 — pour s'assurer de garder leurs sièges face à la vive opposition des riverains dans ce dossier.

Le porte-parole néo-démocrate en matière d'énergie, Peter Tabuns, estime que les contribuables ont le droit de savoir qui, du directeur de campagne du Parti libéral ou du premier ministre, a pris cette décision.

Le ministre Bentley a insisté pour dire que le gouvernement avait changé d'avis seulement après avoir entendu la forte opposition des résidants face à ce projet. Il a renchéri en affirmant que le Nouveau Parti démocratique et le Parti conservateur avaient eux aussi fait la promesse, pendant la campagne électorale, d'annuler ce projet.

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