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Plus de 50 Africains meurent de soif en Méditerranée, un seul survivant

11/07/2012 12:00 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Plus de 50 migrants, en majorité venus d'Erythrée, voulant rallier l'Italie depuis la Libye, ont péri en mer lors d'un périple qui n'a laissé qu'un seul survivant, recueilli depuis à Zarzis, dans le sud-est de la Tunisie.

"On était une cinquantaine. Ils sont morts de faim, de soif, de fatigue. Les corps, on les jetait du bateau", a déclaré mercredi à l'AFP Abbès Settou, l'unique survivant, un Erythréen, qui doit sa vie à des pêcheurs tunisiens.

Parmi les victimes du drame figurent des Erythréens mais aussi des Somaliens, a-t-il déclaré peu après sa sortie d'un hôpital à Zarzis, où il a passé deux jours.

Dix femmes ont perdu la vie dans ce drame, a ajouté le jeune homme, âgé de 25 ans, qui a été pris en charge par le Haut commissariat de l'ONU pour les réfugiés.

Le HCR, citant ce survivant, a annoncé que 54 migrants, en majorité venus d'Erythrée, étaient morts de déshydratation en tentant de se rendre de Libye en Italie.

Cinquante-cinq personnes avaient embarqué fin juin et tous sauf Abbès Settou ont péri dans cette odyssée qui a duré 15 jours, a précisé le HCR dans un communiqué.

Selon la branche du HCR à Tunis, Abbès Settou, qui n'a aucun papier, doit être installé dans un appartement à Zarzis, ville proche de la frontière libyenne (400 km au sud-est de Tunis).

En Tunisie, les migrants clandestins étrangers font habituellement l'objet d'une mesure de reconduite à la frontière.

Les migrants avaient embarqué à Tripoli sur un bateau pneumatique. Au bout d'une journée, ils avaient atteint une côte italienne mais le vent les a renvoyés en haute mer et leur bateau a commencé à perdre de l'air.

Il n'y avait pas d'eau à bord et beaucoup ont bu de l'eau de mer, dont le survivant retrouvé accroché à la carcasse du bateau et à un jerrycan.

"Ils ne pouvaient pas appeler de l'aide car leur téléphone satellite était défectueux. Ils étaient perdus et ne savaient pas comment s'orienter", a expliqué à l'AFP à Rome un prêtre érythréen, le père Mussie Zerai, animateur d'une ONG en Italie.

"C'est grâce à Dieu" que j'ai survécu, a affirmé Abbès Settou, un jeune homme frêle, en se disant encore fatigué mais content. Trois membres de sa famille figurent parmi les disparus.

Sa vie, il la doit aussi à des pêcheurs tunisiens qui l'ont retrouvé et remis aux garde-côtes qui l'ont hospitalisé à Zarzis.

Selon la branche du HCR en Italie, cette année 170 personnes sont mortes ou sont portées disparues en essayant de rejoindre l'Europe. Un bateau transportant 50 Erythréens et Somaliens a été intercepté lundi par la marine maltaise mais les migrants ont refusé toute assistance et décidé de continuer vers l'Italie, a précisé le HCR.

Depuis le 1er janvier, plus de 1.300 migrants sont arrivés dans des embarcations de fortune de Libye en Italie et un millier à Malte, selon le HCR.

Le pic des tentatives de passage se situe de mai à septembre quand la mer est la plus calme, selon l'agence des Nations unies.

La Libye, et dans une moindre mesure la Tunisie, servent de points de départ ou de transit pour des migrants subsahariens cherchant à gagner clandestinement l'Italie sur des embarcations de fortune, au péril de leur vie.

bur-Bsh/cco

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