ONU : les pays occidentaux veulent lancer un ultimatum à Damas

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Kofi Annan (Alamy)
Kofi Annan (Alamy)

Les Occidentaux présentent un énième projet de résolution onusien pour mettre de la pression sur le régime syrien. Ce nouveau projet donne dix jours à Damas pour cesser d'utiliser ses armes lourdes dans les villes rebelles, sous peine de sanctions diplomatiques et économiques.

Ce projet de résolution, préparé par les États-Unis, la France, le Royaume-Uni et l'Allemagne, a été soumis mercredi aux autres membres du Conseil de sécurité et commencera à être discuté jeudi, ont indiqué des diplomates.

Le texte, dont AFP a obtenu copie, s'adresse au pouvoir et à l'opposition pour qu'ils appliquent d'urgence l'intégralité du plan de l'émissaire Kofi Annan, dont la « cessation immédiate de toute violence armée », ainsi que le processus de transition politique défini lors de la réunion du Groupe d'action pour la Syrie à Genève le 30 juin.

La Mission de supervision de l'ONU en Syrie (Misnus) sera renouvelée pour une durée de 45 jours, sur la base des recommandations du secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon.

Celui-ci a préconisé de réduire le nombre des observateurs militaires (actuellement 300) et de réorienter la MISNUS vers un rôle plus politique.

Le mandat de la mission onusienne expire le 20 juillet, mais les observateurs ont suspendu depuis la mi-juin leurs patrouilles en raison de la poursuite des violences.

Le Conseil de sécurité discutait mercredi des actions possibles après la tournée de Kofi Annan dans la région.

L'ancien secrétaire général de l'ONU, qui était en Syrie, en Iran et en Irak, a rapporté que le président Bachar Al-Assad avait désigné l'interlocuteur du régime qui discutera avec l'opposition syrienne.

Kofi Annan a aussi confirmé que l'Iran soutenait l'idée d'une transition politique à Damas sous la responsabilité des Syriens.

Il n'en est pas question, a rétorqué Washington, pour qui Téhéran n'a pas de rôle constructif à jouer dans le processus.

Le plan en six points élaboré par Kofi Annan, et paraphé par les parties au conflit syrien, stipule un arrêt immédiat des violences, un retrait des forces militaires et des armes lourdes des zones habitées, un accès à l'aide humanitaire, l'ouverture du pays aux médias et l'engagement d'une transition politique.

Le cessez-le-feu en vigueur depuis le 12 avril n'a été respecté que quelques heures.

Moscou et Pékin ont déjà bloqué à deux reprises des projets de résolution contre le régime de Bachar Al-Assad depuis le début de la crise syrienne en mars 2011.