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Omar el-Béchir rejette toute possibilité de soulèvement populaire au Soudan

11/07/2012 05:46 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

KHARTOUM, Soudan - Le président soudanais Omar el-Béchir a rejeté mercredi les appels de l'opposition en faveur d'un «Printemps arabe» au Soudan, avertissant ses ennemis qu'ils feraient face à un «été brûlant».

Des manifestations contre la hausse des prix ont ébranlé la capitale, Khartoum, et d'autres grandes villes du Soudan au cours des dernières semaines. Le gouvernement a coupé ses dépenses publiques pour compenser la perte d'environ 70 pour cent de ses revenus pétroliers depuis la sécession du Soudan du Sud, il y a un an.

Les manifestants soudanais scandent un slogan plusieurs fois entendu lors des manifestations du Printemps arabe l'an dernier: «Le peuple demande la chute du régime».

«Ils parlent de Printemps arabe. Laissez-moi leur dire qu'au Soudan, nous avons un été très chaud, et un été brûlant qui brûle ses ennemis», a dit Omar el-Béchir devant une foule réunie pour l'inauguration d'une usine dans le centre du Soudan.

Le président soudanais, qui s'appuyait sur une canne, a aussi affirmé que les ennemis du Soudan seraient écrasés.

Les manifestations ont commencé à la mi-juin à l'université de Khartoum pour protester contre les mesures d'austérité, qui ont eu pour effet de faire doubler le prix de la nourriture et du carburant.

Selon un communiqué diffusé mercredi par Amnistie internationale, les autorités soudanaises ont torturé des manifestants et arrêté environ 2000 personnes en lien avec les manifestations.

Au cours des derniers jours, des manifestants ont rapporté avoir été attaqués par des étudiants pro-gouvernementaux armés de bâtons, de couteaux et de haches. Les manifestants blessés craignent de se rendre dans les centres de santé pour recevoir des soins parce que les forces de sécurité ont déjà arrêté des manifestants dans les hôpitaux, selon Amnistie internationale.

Les autorités soudanaises ont aussi arrêté des journalistes, des avocats et des médecins, ainsi que des membres de groupes de jeunes et de partis politiques qui ne sont pas directement liés aux manifestations.

Les forces de sécurité détiennent notamment la journaliste Shaimaa Adel, qui travaille pour un quotidien égyptien indépendant. Elle couvrait une manifestation quand des agents de la sécurité d'État l'ont arrêtée il y a une semaine.

Mercredi, le parti égyptien Liberté et Justice, affilié aux Frères musulmans, a envoyé une lettre au président soudanais pour lui demander de libérer la journaliste «en signe de respect envers les fortes relations bilatérales entre Le Caire et Khartoum».

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