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Manifestation d'étudiants à Khartoum (témoin)

11/07/2012 12:28 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Des étudiants soudanais, armés de bâtons et de pierres, manifestaient mercredi à Khartoum, dans ce qui pourrait être la plus grande mobilisation depuis le début il y a un mois du mouvement de contestation contre l'inflation et le régime, a indiqué un témoin.

Les forces de sécurité ont fait usage de gaz lacrymogènes, a-t-il dit sous couvert de l'anonymat, en précisant que les étudiants de l'Université de Khartoum criaient et jetaient des pierres.

Ce rassemblement, débuté en milieu d'après-midi, "est plus important" que les précédents, a ajouté le témoin, en estimant difficile d'évaluer le nombre de protestataires car ils étaient éparpillés sur le campus.

La mobilisation, lancée le 16 juin par des étudiants de l'Université de Khartoum protestant contre la hausse des prix alimentaires, s'est étendue dans le pays après l'annonce de mesures d'austérité par le président Omar el-Béchir, notamment la fin du système de subventions aux carburants.

La contestation est la plus longue qu'ait connue le régime Béchir, au pouvoir depuis 23 ans, mais reste néanmoins loin de la mobilisation ayant touché les pays du Printemps arabe.

Déclenché en raison de l'inflation vertigineuse, le mouvement est aussi désormais dirigé directement contre le régime.

Les arrestations ont renforcé la colère des étudiants, a indiqué une source au sein de l'université.

"Un grand nombre de leurs camarades est en état d'arrestation. Je pense que c'est la (principale) question maintenant", alors que les examens approchent et que les étudiants détenus pourraient perdre leur année, a expliqué cette source.

Selon une organisation soudanaise de défense des droits de l'Homme, quelque 2.000 personnes ont été arrêtées depuis la mi-juin.

Ce chiffre est difficile à confirmer, mais au moins 100 personnes sont toujours détenues dans la région de Khartoum, ont indiqué Amnesty International et Human Rights Watch dans un communiqué commun mercredi.

"Depuis que les manifestations ont commencé le 16 juin, les forces de sécurité soudanaises ont eu recours de façon répétée à une violence excessive pour disperser les rassemblements et ont arrêté de nombreux protestataires pacifiques", ont dénoncé ces organisations.

Des militants, journalistes, avocats, médecins et membres de mouvements de jeunes et de partis d'opposition non liés directement à la contestation ont aussi été interpellés, ont-elles ajouté.

Si de nombreuses personnes ont été relâchées après quelques heures ou quelques jours, les autres "doivent faire face à de longs interrogatoires lors desquels elles sont accusées d'être des traîtres, des communistes ou des espions; plusieurs ont fait état de mauvais traitements, affirmant notamment avoir été battues et privées de sommeil", ont précisé Amnesty et HRW.

it/cco/

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