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Les libéraux veulent un Etat civil en Libye et dénoncent "l'islam politique"

11/07/2012 01:36 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Les libéraux ont promis d'oeuvrer pour un "Etat civil et démocratique" en Libye en cas de victoire aux élections législatives, accusant leur rivaux islamistes de politiser la religion.

"Notre programme est de créer un Etat qui se repose sur les institutions, un Etat démocratique et civil", a déclaré Faiçal al-Krekchi, un des dirigeants de l'Alliance des forces nationales (AFN) dans une interview à l'AFP.

Expliquant la position de l'alliance en ce qui concerne la religion, il a estimé que l'islam était un "acquis" dans le pays.

"Nous sommes un peuple à 100% musulman. Parler de la religion, c'est éviter de discuter des programmes. Nous n'avons pas besoin actuellement de parler de musulman, de mécréant ou de laïque".

"Nous avons besoin de rétablir la sécurité et de rédiger la Constitution", a-t-il dit, ajoutant que parmi les priorités de l'alliance figurent aussi la réactivation de la justice et la stimulation de l'économie.

Il a ajouté que "tout le monde était d'accord aussi pour que l'islam soit la référence principale dans la rédaction de la Constitution. Il n'y a pas de différend la-dessus".

Ce que l'alliance rejette, selon lui, est "l'utilisation de la religion a des fins politiques".

Le secrétaire général de l'AFN a estimé que le Parti de la justice et de la construction (PJC) issu des Frères musulmans avait commis une "erreur" en se revendiquant comme "islamiste" et en tentant de faire passer les autres pour de non-musulmans.

"D'ailleurs le peuple a compris et les urnes ont donné leur verdict", a ajouté ce médecin de formation, qui dit avoir rejoint la coalition en tant qu'indépendant.

Les libéraux ont raflé la plupart des sièges réservés aux mouvements politiques, affligeant un revers aux islamistes, selon les résultats préliminaires communiqués par la Commission électorale et les estimations des partis.

Selon M. Krekchi, l'alliance a gagné 55 sièges sur 80 réservés aux partis dans le futur "Congrès national général" (200 sièges).

Mais les 120 élus au scrutin uninominal font l'objet d'une rude compétition entre les libéraux et les islamistes, chacun cherchant à faire rallier le maximum de candidats gagnants à leur alliance.

Selon M. Krekchi, entre 40 et 45 sièges d'indépendants leur sont déjà acquis. "Jusqu'ici, les résultats font état de 40 ou 45 candidats gagnants (dans le scrutin uninominal) parmi ceux qui croient en le programme de l'AFN".

"Ainsi, nous obtenons un total de 95 à 100 sièges dans l'Assemblée, soit 50% du total, en comptant seulement sur la force propre de l'alliance et sans entrer en alliance avec quiconque", a-t-il dit.

M. Krekchi a ajouté que sa coalition était en contact avec d'autres élus pour les convaincre de rejoindre l'AFN.

"Même si elle obtient la majorité, l'AFN optera pour un gouvernement d'union qui regroupe tous les courants, avec la compétence comme seule condition", a-t-il assuré.

L'AFN regroupe une soixantaine de partis politiques ainsi que des personnalités indépendantes et des organisations de la société civile qui avaient signé un pacte à l'initiative d'architectes de la révolution libyenne dont l'ancien Premier ministre du Conseil national de transition (CNT, au pouvoir), Mahmoud Jibril, qui préside la coalition.

Initialement, le CNT avait prévu que l'Assemblée élue désigne un comité de soixante experts pour rédiger la Constitution. Mais à la veille du scrutin de samedi, le CNT a amendé la loi stipulant désormais que le comité des soixante devait être élu lors d'un futur scrutin et non plus choisi par le Congrès.

L'amendement "s'ajoute à une série d'erreurs" du CNT durant la période de transition, a estimé M. Krekchi, ajoutant que cet amendement pourrait être annulé par la nouvelle Assemblée.

"Le Congrès général a toutes les prérogatives. Il est le seul corps auquel le peuple a délégué le pouvoir pour prendre les décisions qui concernent l'avenir de la Libye", a-t-il conclu.

ila/cco

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