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Le Soudan du Sud a un an, et une équipe de foot

11/07/2012 07:38 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

Quelques heures seulement après le premier anniversaire de l'indépendance du pays, l'équipe nationale du Soudan du Sud a disputé mardi son premier match international de football face à l'Ouganda, conclu par un nul 2-2 qui a fait la fierté du public local.

Massés jusque sur les murs du stade, les supporteurs de la jeune équipe étaient venus en nombre pour ce premier match, certains, restés à l'extérieur, s'accrochant même à des panneaux publicitaires ou collant leurs visages au moindre interstice dans le grillage pour apercevoir la pelouse.

"Ca a été un très bon match. C'était le premier, et peut-être que nous gagnerons le suivant", a déclaré à l'issue de la rencontre Simon James, l'un des joueurs de l'équipe, tout en essayant de quitter le terrain envahi par des fans tentant d'échapper aux policiers pour aller saluer leurs héros.

"Le match a été très dur pour nous, nos joueurs sont jeunes et n'ont pas d'expérience. Mais grâce à Dieu nous avons fait match nul et je pense que ce sera mieux lors du prochain match. Et nous avons notre liberté", a rappelé quant à lui l'attaquant James Joseph Morgan.

Le Soudan du Sud n'est en effet devenu indépendant de Khartoum qu'il y a un an, le 9 juillet 2011, après un demi-siècle de guerres civiles qui ont fait près de deux millions de morts.

"C'est un premier pas encourageant", a estimé Zoran Dordevic, le sélectionneur serbe de l'équipe, qui a peiné à bâtir son groupe, ses joueurs étant éparpillés dans plusieurs clubs soudanais et d'autres pays d'Afrique de l'Est.

"Il y a encore beaucoup d'histoires douloureuses ici, beaucoup de tristesse. Beaucoup de gens ont perdu leur mère, leur père, leurs frères, leurs soeurs. C'est aussi pour ça que ce match était une sorte de point final à la révolution", a expliqué Dordevic.

De fait, de nombreux spectateurs voyaient dans ce premier match international un motif d'espoir pour leur pays.

"Notre peuple a beaucoup de problèmes mais ça va s'améliorer. Le football est quelque chose de très important, qui unit les peuples. Là, on voit le Soudan du Sud et l'Ouganda qui se rapprochent", a ainsi expliqué Elias Gideon, qui espère voir son équipe participer au Mondial-2018.

"Je suis très fière parce que nous sommes un pays et que pour la première fois nous avons une équipe nationale. C'est quelque chose d'important d'un point de vue patriotique, qu'un tout jeune pays ait une équipe aussi forte que celle-là", s'est félicitée Igali, qui voit en ces footballeurs un symbole de liberté.

"Un bébé ne grandit pas en un jour. Je les soutiendrai même s'ils perdent", a-t-elle ajouté.

Pour Dordevic, c'est justement de "motivation et de soutien" dont son équipe a besoin pour progresser, mais aussi d'un centre de formation pour des "centaines et centaines de gamins talentueux".

"Je suis sûr que très bientôt nous pourrons montrer au monde que nous sommes capables d'affronter n'importe quelle équipe de niveau mondial", a-t-il affirmé.

Son avis est partagé par George Opiyo, le buteur de la sélection ougandaise. "Ils ont quelque chose. On voit que ce sont des compétiteurs. Quand vous jouez pour votre pays, vous devez jouer avec votre coeur et c'est ce qu'ils font. Il faut leur donner encore quelques années et ils deviendront peut-être la meilleure équipe d'Afrique de l'Est", a-t-il prédit.

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