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Le chef de l'Assemblée des Premières Nations sera élu la semaine prochaine

11/07/2012 06:56 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

OTTAWA, ONTARIO, - Au terme d'une campagne très «branchée», environ 630 chefs de nations autochtones pourront voter la semaine prochaine afin d'élire le nouveau chef à l'Assemblée des Premières nations pour les trois prochaines années.

Parmi les candidats, il y a Pam Palmater, qui a lancé sa campagne sur Twitter.

L'aspirante chef Joan Jack, une avocate du Manitoba, s'est quant à elle fait connaître grâce à son utilisation des médias sociaux, tandis que l'annonce de la candidature d'Ellen Gabriel s'est répandue sur le site Facebook comme une traînée de poudre.

Au petit écran, le Réseau de télévision des peuples autochtones (APTN) multiplie les débats et les analyses. Il diffusera jeudi soir un débat auquel tous les participants vont prendre part afin de partager leur message avec les Autochtones qui les regarderont de la maison.

Pour la toute première fois, les membres des Premières nations qui vivent en régions éloignées ont accès à des outils leur permettant d'échanger, entre eux et à l'échelle du pays, sur celui ou celle qui les représentera désormais à Ottawa.

Selon Joan Jack, la forme traditionnelle du discours des chefs s'en trouve complètement changée.

Bien que les Autochtones ne puissent pas voter directement pour le chef à l'Assemblée des Premières Nations — le vote est réservé aux 630 chefs éligibles —, ils ont à tout le moins le pouvoir de faire entendre leurs opinions.

«Dans une communauté tissée aussi serrée que celle des Autochtones, les médias sociaux sont un moyen accessible et abordable de permettre aux gens de s'exprimer», observe Mme Jack.

Le siège de chef à l'Assemblée des Premières nations est possiblement l'un des postes les plus influents pour les Autochtones au Canada, car l'élu y défend les causes qui concernent les Premières nations et qu'il joue également un rôle déterminant dans la nature des relations entre Autochtones et Allochtones.

Les campagnes se faisaient auparavant au téléphone, dans les médias écrits ou, encore, au fil des déplacements des candidats en automobile ou en avion vers les centres régionaux et les réserves afin d'y discuter avec les chefs.

Bien que cette méthode soit encore utilisée, les nouveaux médias offrent de nouveaux canaux de communication aux candidats. Près de 80 pour cent des membres des nations autochtones s'informent sur le réseau APTN au moins une fois par jour.

Un rapport produit par la consultante Anne Taylor pour Ressources humaines et Développement des compétences Canada pour l'année 2011 indique également que les Autochtones utilisent les médias sociaux au moins autant que le reste de la population du Canada.

Les membres des Premières nations tentent également d'affirmer leurs droits et d'améliorer leurs conditions de vie.

«C'est une nouvelle réalité qui apporte des changements dans les communautés», commente le directeur général d'APTN, Jean LaRose.

«C'est un mouvement qui part de la population. Je ne parle pas d'un printemps amérindien, mais il est intéressant d'observer ce changement dans la manière dont nos activités politiques ont cours.»

Huit personnes briguent la chefferie à l'Assemblée des Premières nations, dont l'actuel chef, Shawn Atleo. Quatre femmes, deux chefs régionaux et le chef d'une bande située au Manitoba sont également de la course.

Les chefs voteront pour le candidat de leur choix lors de leur congrès annuel qui aura lieu à Toronto la semaine prochaine. Au fil des tours, le candidat qui parviendra à obtenir 60 pour cent des votes sera désigné comme le vainqueur.

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