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Havelange et Teixeira ont accepté des ristournes dans le dossier ISL

11/07/2012 12:33 EDT | Actualisé 10/09/2012 05:12 EDT

GENÈVE - La FIFA a publié mercredi un document confirmant que son ex-président Joao Havelange et l'ex-président de la Fédération brésilienne de football Ricardo Teixeira ont reçu des millions de dollars dans le scandale des ristournes de la Coupe du monde de la firme ISL.

La fédération internationale a publié un document dans lequel se trouvent les détails des 12,74 millions de francs suisses (plus de 13 millions $ CAN) versés à Teixeira entre 1992 et 1997 par ISL, le partenaire marketing de la FIFA jusqu'à sa retentissante faillite, il y a 11 ans.

Ce même document indique que Havelange a reçu un paiement de près de 1,5 million de francs suisses en 1997.

Les paiements versés dans des comptes liés aux deux Brésiliens entre 1992 et 2000 totalisent 22 millions de francs suisses, soit près de 23 millions $.

L'étendue des ristournes a été révélée dans le rapport d'un procureur suisse du canton de Zoug, qui a mené une enquête sur Havelange et Teixeira pour «détournement de fonds ou autre gestion déloyale».

Le document est interdit de publication depuis juin 2010, soit peu de temps après que des procureurs, la FIFA et deux des hommes les plus puissants dans le monde du football en soient venus à une entente pour mettre fin à l'enquête criminelle du procureur Thomas Hildbrand.

La FIFA, Havelange et Teixeira ont alors remboursé 5,5 millions de francs suisses (5,7 millions $) à condition que leur identité ne soit pas révélée.

La fédération internationale a rendu public ce document quelques heures après que la Cour suprême suisse ait statué qu'il était d'intérêt public que les journalistes soient mis au courant des détails du scandale ISL et ordonné la divulgation d'un document dans lequel sont identifiés les dirigeants de la fédération qui ont reçu des millions de dollars en paiements illicites.

«La FIFA est ravie que l'interdiction de publication dans le dossier ISL ait été levée», a indiqué la fédération dans un communiqué.

Le rapport de Hildbrand critiquait grandement la FIFA, qu'il qualifiait «d'organisation négligente» avant la chute d'ISL.

Ce rapport révèle que, en janvier 2010, la FIFA a exigé que l'enquête portant sur son ex-président et — alors — membre de son comité exécutif soit abandonnée en condition du remboursement prévu à l'entente et que la fédération n'a consenti au règlement qu'«à condition que les procédures soient abandonnées».

Havelange et son ex-gendre Teixeira ont «en de nombreuses occasions utilisé des sommes qui leur ont été confiées pour leur enrichissement personnel».

Des appels logés aux bureaux de la Fédération brésilienne, mercredi, sont demeurés sans réponse.

Après avoir aidé à conclure cet accord, la FIFA a été partie prenante de plusieurs appels pour bloquer la publication de ce document jusqu'à ce qu'elle se retire du dossier en décembre dernier.

Le président de la FIFA, Sepp Blatter, secrétaire général pendant 17 ans sous Havelange avant de lui succéder en 1998, a déclaré en octobre dernier qu'il désirait que ce document soit divulgué alors même que son organisme tentait toujours d'empêcher les journalistes d'y avoir accès.

Bien que Blatter n'ait jamais été accusé d'avoir accepté de tels versements, le dossier ISL a porté ombrage à ses 14 ans à la présidence. De mettre fin à ce dossier vient en tête de liste de ses promesses pour améliorer l'image et la gouvernance de la FIFA.

Havelange a été président de la FIFA pendant 24 ans avant que Blatter ne lui succède, en 1998. Le Brésilien de 96 ans, qui demeure président honoraire de la fédération, a reçu des traitements dans un hôpital de Rio de Janeiro plus tôt cette année pour une infection bactérienne.

Il a démisionné de son poste au CIO après 48 ans, en décembre dernier, en raison de problèmes de santé quelques jours seulement avant que le Comité international olympique ne le sanctionne à la suite de sa propre enquête sur l'affaire ISL.

Teixeira a quant à lui démissionné plus tôt cette année de son poste de président de la Fédération brésilienne de football et du Comité organisateur de la Coupe du monde de 2014 — en plus d'abandonner son siège au Comité exécutif de la FIFA — en raison de problèmes personnels et de santé non divulgués.

Le scandale ISL découle de versements de plusieurs dizaines de millions de dollars effectués à des dirigeants sportifs par l'agence de marketing suisse avant qu'elle ne s'effondre avec des dette de plus 300 millions $.

La corruption commerciale n'était pas un crime en Suisse à l'époque. Six anciens cadres d'ISL ont été cités à procès en 2008 et ont été blanchis de toutes les accusations de fraude.

Dans les preuves alors déposées en cour, le Paraguayen Nicolas Leoz, membre du comité exécutif de la FIFA et actuel président de la Confédération sud-américaine de football, a été identifié comme ayant reçu deux versements de la part d'ISL pour une somme totale de 130 000 $ US en 2000.

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