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Ennahda, un parti islamiste tunisien qui domine le pouvoir

11/07/2012 04:31 EDT | Actualisé 09/09/2012 05:12 EDT

Le mouvement Ennahda (Renaissance) est une formation islamiste fondée le 6 juin 1981, devenue la première force politique en Tunisie après sa victoire aux premières élections libres de l'histoire du pays.

Ennahda a été fondé par son chef historique Rached Ghannouchi avec une poignée d'intellectuels inspirés par les Frères musulmans égyptiens. D'abord appelé Mouvement de la tendance islamique, il change de nom en 1989.

Réprimé par le premier président de la Tunisie indépendante Habib Bourguiba, Ennahda est d'abord toléré par son successeur Zine El Abidine Ben Ali puis impitoyablement combattu après les législatives de 1989 où les listes soutenues par la formation islamiste réalisent une percée.

Environ 30.000 militants et sympathisants islamistes sont arrêtés dans les années 90, des centaines sont lourdement condamnés dans des procès iniques et d'autres contraints à l'exil.

Après la chute de Ben Ali et sa fuite le 14 janvier 2011 sous la pression de la rue, M. Ghannouchi revient et est accueilli, après 20 ans d'exil à Londres, en prophète par des milliers de sympathisants.

Ennahda est légalisé dans la foulée, 30 ans après sa fondation, et s'engage à garantir la liberté de croyance et de pensée et à préserver les acquis de la femme qui jouit du statut le plus moderne du monde arabe.

Sur le plan économique, il se donne pour objectif de ramener le taux de chômage à 8,5% à l'horizon de 2016, contre environ 19% actuellement.

Ennahda s'impose comme une force majeure en Tunisie en remportant les élections du 23 octobre 2011 avec quelque 41% des sièges de l'Assemblée nationale constituante (ANC) qui rédige la nouvelle Constitution.

Ses partenaires de gauche, Ettakatol et le Congrès pour la République, obtiennent dans la dispersion quelque 33% des sièges.

Après cette victoire, Ennahda s'accapare des ministères régaliens, principalement de l'Intérieur, de la Justice et des Affaires étrangères.

Traversée par des courants plus au moins modérés, cette formation renonce fin mars à l'inscription de la charia dans la nouvelle Constitution.

Cette décision a mis fin à un débat houleux engagé durant un mois à l'ANC entre les tenants, majoritairement islamistes, de l'inscription de la loi coranique et ceux y voyant la porte ouverte à une théocratie.

Le débat a largement débordé dans la rue et des manifestations des deux camps se succédaient quasiment toutes les semaines.

La scène politique est divisée, à l'approche des élections prévues en mars 2013, en deux pôles, Ennahda et ses alliés d'un côté et les partis d'opposition qui veulent unir leurs rangs pour faire face aux islamistes de l'autre.

Ennahda tiendra du 12 au 15 juillet son premier congrès public pour fixer sa stratégie politique et sociale pour le pays.

kl/Bsh/alf/vl

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