Déclencher la campagne électorale au début du mois d'août serait « un manque de respect profond » envers la population et une « manipulation » de la part du premier ministre Jean Charest, estime la chef du Parti québécois, Pauline Marois.

La dernière rumeur veut que les Québécois soient appelés aux urnes au lendemain de la fête du Travail, le 4 septembre. Mais une campagne en pleine période estivale est une très mauvais idée, selon Mme Marois, puisqu'un grand nombre de personnes sont en vacances et « n'ont pas la tête à écouter ce que vont dire les partis politiques ».

La chef péquiste croit que si le gouvernement choisit une telle stratégie, c'est qu'il espère ainsi faire oublier son bilan, mais elle se promet de rappeler la teneur de celui-ci aux électeurs.

Le PQ est prêt

Si le premier ministre choisit bel et bien de déclencher des élections cet été, « envers tout gros bon sens », le PQ est préparé à cette éventualité, dit Mme Marois.

« Tout est prêt. On pèse sur un bouton et on part en campagne. », a déclairé Pauline Marois.

La chef péquiste souligne par ailleurs que le choix de la date des prochaines élections est une décision qui est « entre les mains d'un seul homme - ce que nous voulons changer », expose-t-elle, rappelant qu'elle s'engage, si elle devient premier ministre, à instaurer une politique pour des tenir des élections à date fixe.

« Nous voulons, nous, qu'il y ait des élections à date fixe et que ça ne puisse pas être le fait d'une manipulation par une personne, soit-elle le premier ministre. », a affirmé Pauline Marois.

Une reprise du conflit étudiant pendant la campagne?

En vertu de la loi 78, les étudiants doivent retourner en classe à la mi-août. Donc si le scénario du déclenchement des élections le 1er août se concrétise, cela coïncidera avec la campagne.

Selon Mme Marois, cette coïncidence pourrait avoir été orchestrée, puisque le premier ministre pourrait vouloir instrumentaliser une nouvelle reprise des manifestations et se poser comme le représentant de la loi et de l'ordre, « comme on l'a vu dans son PowerPoint », a dit la chef de l'opposition. Elle faisait ainsi référence à une page PowerPoint montrée à du personnel politique du Parti libéral, obtenue par le PQ, dans laquelle le parti d'opposition est associé à « la rue ».

« C'est sûr qu'il va invoquer la loi et l'ordre et c'est sûr que ça peut rassurer les gens, mais ça peut aussi avoir un effet boomerang. », a dit Pauline Marois.

Signe que les élections approchent, Pauline Marois était mercredi à Trois-Rivières pour lancer la politique agricole de son parti. Le PQ veut insister sur l'importance de promouvoir les produits locaux québécois et se donne comme objectif de faire passer de 33 % à 50 % la proportion des aliments locaux consommés par les Québécois. Le parti promet notamment de faciliter le développement de nouvelles appellations contrôlées et d'inciter les grandes chaînes d'alimentation ainsi que les hôteliers et la SAQ à adopter des politiques d'achat de produits québécois.